Sapiens

Ce gros livre est passionnant, pas étonnant que le bouche à oreille en ait fait un long seller, encore sur les listes de meilleures ventes 2 ans après sa parution. Sapiens retrace l’histoire de l’humanité avec une approche originale, sans s’appuyer sur telle ou telle civilisation mais en racontant, avec un talent certain, une suite de révolutions qui ont abouti à la civilisation actuelle.

Cet ouvrage foisonnant commence par la présentation de la famille Homo dont Sapiens est la seule espèce à avoir survécu. Cette première évolution est due à la Révolution cognitive qui a permis à Sapiens de comprendre et de s’adapter à son environnement. L’auteur utilise le terme de « fourrageur » pour désigner ces Sapiens qui se sont organisés en communautés, qui ont organisé un ordre social et il compare les théories avec ce que l’on sait des peuples de chasseurs-cueilleurs.

La révolution suivante est la Révolution agricole qui a apporté un changement fondamental dans les modes de vie : une croissance démographique entrainant le développement des villes, le développement des affaires nécessitant l’écriture, la création de mythes religieux, de normes et de lois justifiées par les différences de hiérarchie sociale et la peur de l’autre.

Le monde de Sapiens aurait pu continuer de façon immuable sans la Révolution scientifique, due à la découverte -et à la reconnaissance- de l’ignorance, qui a entrainé la Révolution industrielle puis la Révolution capitaliste et se termine avec une Révolution permanente. La démonstration des mécanismes qui amènent à notre système mondialisé est basée sur le décryptage des ordres universels : économie avec l’ordre monétaire ; politique, l’ordre impérial, et religieux, en s’appuyant sur les religions universelles.

Cet ouvrage foisonnant s’appuie sur un art consommé de la narration, les démonstrations sont parfois un peu rapides et on cherche les sources mais c’est un très bon ouvrage de vulgarisation. Les comparaisons du Code d’Hammurabi et de la Constitution américaine ou le rapprochement entre le système des castes et l’esclavage aux Etats-Unis permettent une démonstration claire des propos ; j’ai juste été moins à l’aise avec le chapitre sur la philosophie, mais c’est sans doute le sujet qui me rebute, ou sa vision idyllique des fourrageurs qui auraient perdu en qualité de vie avec la révolution agricole.

Yuval Noah Harari – Sapiens, une brève histoire de l’humanité, traduit par Pierre-Emmanuel Dauzat – Albin Michel 2015

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