Je suis cisgenre !

Oui, je suis cisgenre, je viens de le découvrir, je peux faire mon coming-out !
Au fait, çà veut dire quoi ? juste que le genre de mon état-civil me convient… Je ne nie pas les difficultés des personnes transgenres mais de là à imposer une norme pour ce qui n’est pas trans, ça me dépasse.

Je ne supporte plus l’hypocrisie du politiquement correct, qui est pourtant en vogue. Récemment, Slate a fait paraitre une série d’articles consacrés à l’écriture inclusive (plutôt contre) et L’Express consacre sa Une au sujet. Je sais que je suis un dinosaure né sous de Gaulle mais quand je vois certaines évolutions, je me sens réac : je crois encore aux dogmes républicains d’une République une et indivisible, à l’Égalité  et à la Fraternité alors que l’on se dirige vers un communautarisme au prétexte de lutter contre l’oppression (des femmes, des noirs, des trans, des roux, etc.).

L’actualité récente illustre la dérive : une chanteuse blanche se fait reprocher une natte « africaine » (en s’appropriant les codes d’une autre communauté, elle vole leur culture et nie leur oppression) ; la fac de Tours crée des toilettes neutres, non-genrées ; un cinéma ne peut plus diffuser Autant en emporte le vent… et Clinton, à force de s’adresser aux communautés, aurait oublier de construire un discours rassembleur, ce qui lui a fait perdre des voix.

L’Express nous donne quelques conseils linguistiques pour nous y retrouver :

  • ne plus dire politiquement correct mais inclusif : nous évitons ainsi l’utilisation de mots ou expressions qui pourraient exclure certaines personnes ou rappeler un sentiment de domination
  • ne plus dire homme ou femme mais cisgenre, personne dont l’identité de genre est en concordance avec son état-civil
  • ne plus dire queer (je ne le dis jamais !) mais allosexuel ou altersexuel. La définition de queer n’est pas claire paraît-il, en tout cas son antonyme est « hétérosexuel ». Je peux suggérer une définition : peut-être peut-on dire « homosexuel », ce n’est pas une injure ni un gros mot et cela me semble du français correct
  • ne plus dire Noir, Arabe ou Asiatique mais personne racisée, qui se dit de toute personne non blanche (de quoi donner du grain à moudre au fachos qui parlent de racisme anti-blanc)
  • ne plus dire androgyne mais genderfluid pour désigner celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans la « binarité qui oppose les deux sexes » (tiens, là on parle de sexe et plus de genre !)
  • ne plus dire convergence des luttes mais intersectionnalité car on subit forcément plusieurs discriminations
  • et on ne dit plus anarchistes mais autonomes pour mieux valoriser les mouvements qui réclament leur autonomie face à l’État, au capitalisme, au syndicalisme…

Quant à l’écriture inclusive, c’est la nouvelle graphie des mots qui sont différents au masculin et au féminin. C’est un moyen de lutter contre l’oppression paternaliste et machiste, ainsi on écrira les différentes formes du mots séparées par un point médian (·) :

  • Les agriculteur·rice·s
  • les chanteur·euse·s
  • les prestidigitateur·rice·s

Le point médian se fait au clavier (alt+0183) ou en HTML (·). En recherchant cette info, je suis tombé sur le site egaligone qui justifie ainsi son usage :

  • Pour que femmes et hommes soient également visibles dans nos textes, et par conséquent dans les représentations/images qui en découlent. Exemple : les étudiants (langage conventionnel), les étudiant·e·s (notre choix)
  • Parce que les autres options nous conviennent moins : le tiret sépare, comme le slash, la parenthèse crée une asymétrie, le langage épicène (ex/ : le corps estudiantin) déshumanise un peu et ne rend pas les femmes visibles

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *