Etre moderne : le MoMA à Paris

Être moderne : le MoMA à Paris, expo fondation Louis Vuittton jusqu’au 5 mars 2018

Le MoMA est à Paris ! Non, le musée new-yorkais ne s’exile pas pour fuir Trump, et il ne crée pas une annexe parisienne, mais plus de 200 de ses oeuvres sont accueillies par la fondation LVMH pendant les travaux d’agrandissement de l’institution. La visite du MoMA  ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable mais l’envie de voir cette expo m’a été donnée par un numéro de Beaux-Arts fort bien fait.

Et j’ai été séduit : le parcours chronologique de l’expo et la classification par grands thèmes aident à comprendre l’évolution des mouvements artistiques ; les cartels sont assez clairs et complétés par une appli gratuite qui sert d’audioguide. Cette expo a aussi le mérite d’expliquer et de valoriser le travail du MoMA, son histoire, ses différents départements.

Les origines européennes de la modernité : Les premières salles sont consacrées aux débuts du musée, créé en 1929, et aux premières oeuvres de la collection. Beaucoup d’artistes européens mais les collections se sont ouvertes très vite aux différentes expressions artistiques : sculpture, photos, films et design.

Paul Cézanne – Le baigneur – 1885
Pablo Picaso – L’atelier – 1927
Constantin Brancusi – Oiseau dans l’espace – 1928
Gustav Klimt – Hope II – 1907
Paul Signac- Portrait de Félix Fénéon – 1890

Cézanne, Hopper, Picasso, Malevich, Klimt, Duchamp, Brancusi, Atget et même un Disney ; l’offre est de première qualité. Le Picasso mérite un peu d’attention pour être décrypté mais on y arrive encore.

Les premiers dons et achats sont très centrés sur l’Europe, le musée a vite réorienté ses acquisitions pour tenir compte des mouvements artistiques américains. La salle Abstractions américaines fait la part belle à l’action painting (Pollock and co) et au colorfield painting (Rothko).

J’aime bien Rothko et la vibration de ses grandes toiles colorées. La peinture exposée a été trouvée trop radicale au moment de son achat (1930) et a provoqué la démission d’un membre du comité d’acquisition. Cette salle nous montre deux Pollock, je suis un peu sceptique quand le commentaire d’Echo 25 nous dit que l’artiste renoue avec la figuration avec cette peinture.

Jackson Pollock – Echo N° 25 – 1951
Mark Rothko – N° 10 – 1950

L’expo se déroule même dans les escaliers où sont installées de grandes œuvres. Le Love de Robert Indiana, qui était à l’origine une carte de vœux, est détourné en AIDS, transformé en papier peint et introduit Séries et structures minimales. Cette salle, qui célèbre la géométrie, offre des œuvres intéressantes et présente aussi un dessin de Mies van der Rohe et un bout de la façade de l’immeuble des Nations-Unies. En revanche, le fauteuil peint en blanc me laisse indifférent.

General Idea – AIDS – 1988
Ellsworth Kelly – Color for a large wall – 1951
Frank Stella – The marriage of reason – 1959
Bruce Naumam – Human desire – 1983
Yayoi Kusama – Accumulation n°1 – 1962

Une belle sélection d’oeuvres variées, avec toute la série des soupes Campbell et une superbe Map illustrent Pop America. Le travail de Cindy Sherman inspiré des photos de plateau de cinéma fait le lien entre pop-art et les séries artistiques ; en revanche, rien n’a retenu mon attention dans Images et identités USA 1975-2000 (et je n’ai même pas pris un bonbon pour aider à faire disparaître USA Today).

Roy Lichtenstein – Drowning girl – 1963
Andy Warhol – Double Elvis
Andy Warholl – Campbell’s soup can – 1962
Jasper Johns – Map – 1961
Cindy Sherman – 1954
Felix Gonzalez-Torres – « Untitled » (USA Today) – 1990

La dernière partie, XXIe siècle nouveaux horizons, montre l’utilisation du numérique (Space invaders est une œuvre) dans l’art et l’ouverture des collections aux artistes internationaux. Elle se termine par une drôle de sculpture chantée, The forty part motet.

Tout ne m’a pas plu dans cette expo mais j’ai vraiment apprécié le parcours, très pédagogique, avec des anecdotes sur les œuvres, qui aide à comprendre et à apprécier quelques tendances de l’art contemporain.

En savoir plus :

2 réflexions au sujet de « Etre moderne : le MoMA à Paris »

  1. Belle chronique pour cette exposition que je dois aussi chroniquer bientôt. J’aime bien ce blog qui mélange la littérature, les expos, les recettes. Mais je n’arrive pas à m’y abonner par email. N’hésitez pas à le faire pour moi!

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