César, la rétrospective

César retrospectiveCette rétrospective permet de découvrir que César n’a pas réalisé que des compressions, que son oeuvre s’articule autour de plusieurs gestes qu’il a perpétué tout au long de sa carrière.

César Baldaccini (1921-1998) a une formation assez classique de sculpteur et ses premières œuvres sont réalisées à base de fers ou de plaques soudées. A partir de matériaux de récupération, il travaille les formes, les surfaces, et produit des œuvres variées qui sont pour moi les plus intéressantes notamment son Torse dont le dos ouvre sur la structure de fers soudés. Bien qu’il ait découvert d’autres techniques, il continue à produire tout au long de sa carrière des œuvres de ce genre, comme sa Fanny (poulette à roller) ou le Centaure hommage à Picasso.



Contrairement à ce que je croyais, les Compressions ne sont pas du ready-made. César a travaillé sur les matériaux ou les couleurs, la puissance des presses, les formats. Il n’y a pas que des compression parallépipédiques, certaines sont à plat, et peuvent même être accrochées à un mur ; j’aime bien celles de petites tailles qui jouent avec des matériaux, comme la tôle perforée d’un tambour de machine à laver. César n’a pas lancé de grandes théories et semble s’être amusé avec ce concept : il a fait des moulages en fonte de certaines (le paquet de nouilles), ou réalisé des compressions de toile de jute ou d’emballage. Son denrier geste, dont l’expo présente une dizaine de pièces, a été de broyer une série de Fiat qu’il a peint de couleurs flashy.

César a fait une série d’empreintes, à partir de son pouce ou du sein d’une danseuse du Crazy Horse, reproduits dans toutes les tailles et toutes les matières. L’idée est peut être originale mais cette répétition transforme l’idée en production commerciale.

La structure de la matière amuse César qui a aussi produit des expansions avec une mousse de polyutérane. Certaines ont l’air de gros étrons , d’autres sont intéressantes par leur couleur ou le traitement de la surface, travaillée comme une coque de bateau.

Cette expo est peu cloisonnée et permet de circuler facilement, d’avoir du recul sur certaines pièces, voire de comparer des œuvres. Le traitement du rapport entre la surface et l’intérieur des choses est aussi illustré par une petite série d’enveloppages, où des objets sont emballés dans une structure de plexiglass qui a été légèrement compressée.

Rétrospective César, Centre Pompidou jusqu’au 26 mars 2018

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