Un été avec Homère

un ete avec homere-tessonSylvain Tesson  – Un été avec Homère – Editions des Equateurs 2018.

L’été 2017 a été homérique : France culture nous a livré une très belle série Celui qu’on appelle Homère et France Inter a fait intervenir Sylvain Tesson sur Homère dans sa série radiophonique Un été avec…

Alors que cet Eté avec Homère  vient de paraître aux éditions des Equateurs, je viens d’écouter le podcast de cette émission.

Je dois avouer que Sylvain Tesson m’a impressionné : il livre un commentaire cultivé de cette œuvre, peut-être un rien pédant mais toujours passionnant. Il sait mettre en valeur les aspects intemporels de ces récits et donne vraiment envie de se plonger dans ces récits.

Tesson recommande les traductions de Brunet pour l’Iliade et de Jacottet pour l’Odysée, les extraits lus par des comédiens sonnent joliment et donnent envie de se plonger dans les 15000 vers de l’Iliade et les 12000 de l’Odyssée, dont à plusieurs reprises Tesson vante les création littéraires.

Ces émissions m’ont fait prendre conscience que je connaissais très mal l’œuvre d’Homère. L’Iliade se concentre sur Achille, elle ne fait qu’évoquer le jugement de Paris, se déroule 10 ans après le début de la guerre de Troie et s’achève avec les funérailles d’Hector. L’Odyssée est certes le récit des péripéties d’Ulysse, y compris la chute de Troie ; elle débute cependant par la quête de Télémaque, et une grande partie du récit est consacrée à la reconquête d’Ithaque et à la vengeance d’Ulysse.

Tout au long de ces récits, les dieux se jouent des hommes, les poussent à la guerre mais se lassent vite et sévissent lorsque les hommes se laissent aller à la démesure, que ce soit par colère ou par vanité. Et cette démesure (ubris), signe de l’oubli du but initial, du manque de fidélité aux promesses, est un des plus grands défauts des hommes.
En même temps, tout au long des récits, la colère mène le monde ; elle est entretenue et punie par les dieux.

Pour continuer l’exploration de nos mythes antiques une autre série est en cours, menée par Giulia Sissa : La vraie vie des héros de l’Antiquité.

Un poème, surgi de la mémoire, explose dans l’éternité. Comment expliquer qu’un récit vieux de plus de 2500 ans, jailli de la mer éternelle, résonne à nos oreilles avec tant de jeunesse, avec un pétillement aussi vivace que celui du ressac sur une côte de marbre. Pourquoi ces vers paraissent-ils avoir été écrits ce matin par un très vieux frère immortel pour nous apprendre de quoi seront faits nos lendemains ?

Je vois deux hypothèses à cela :
– Soit les dieux dont Homère se fait le chantre ont existé et ils ont inspiré leur hagiographe. Ces vers étaient donc faits pour rencontrer notre époque.
– Soit rien n’a changé sous le soleil de Zeus et les thèmes qui traversent les poèmes ; la guerre, la gloire, la grandeur, la mort, sont le combustible impérissable de l’éternel retour. Mais dans les deux cas, le poème homérique est un poème éternel car l’homme, s’il a changé d’habits, est exactement le même personnage misérable et grandiose, qu’il soit casqué sur la plaine de Troie ou en train d’attendre l’autobus dans la France de 2017…

Homère est notre très vieux compagnon d’aujourd’hui, demandons-lui ce qu’il a encore à nous dire…

Sylvain Tesson 

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