Le grand passage

Le grand passageCormac McCarthy – Le Grand passage, traduit par François Hirsch et Patricia Schaeffer – L’Olivier 1994.

Ce deuxième volume de la Trilogie des confins est plus dur à suivre que le premier, j’ai eu du mal à rentrer dedans mais la magie opère ensuite. L’histoire est tout aussi âpre, le style est un peu plus difficile à maîtriser mais le résultat est toujours aussi captivant.

Après avoir traqué et piégé une louve, Billy Parham décide de quitter le ranch familial et de lui faire retrouver ses montages mexicaines au lieu de la tuer. Cette première aventure s’interrompt quand l’animal lui est enlevé et s’achève par une exécution impitoyable.
Il revient finalement aux États-Unis après avoir erré pas mal de temps mais le ranch est vide, ses parents tués. Accompagné de son frère Boyd, il retourne au Mexique, sur la piste des chevaux volés.

La recherche de chevaux volés est déjà un thème développé dans De si jolis chevaux. Ici, la poursuite est plus initiatique, les adolescents se trouvent confrontés à un monde dur, souvent injuste.
Billy et Boyd vont se séparer, Billy revient un nouvelle fois aux États-Unis mais retourne au Mexique à la recherche de son frère.
Ces différents voyages, que l’on pourrait presque qualifier d’errances initiatiques, ont pour point commun la quête d’un but, d’un destin qui est difficile à cerner.

Le roman est truffé de plusieurs histoires qui encombrent le fil du roman et transforme presque ce livre en recueil de nouvelles. A chaque fois, il s’agit de destins brisés, récits qui renforcent le côté désespéré de ce roman qui est pourtant intemporel quoique se déroulant au XXe siècle.

Les longues descriptions avec une répétition de « et » au lieu des virgules ; l’usage de l’espagnol sans traduction dans les dialogues ne facilite pas la lecture ; on perd parfois le fil avec les récits intercalés mais je me suis accroché pour avancer dans ce livre car c’est une pépite encore un peu brute qui dégage un vrai magnétisme.

Ce monde ne sera jamais le même, dit le cavalier. Tu le sais ?
Je le sais. Il l’est déjà plus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *