Un monde sans fin

Ken Follett – Un monde sans fin, traduit par Viviane Mikhalkov, Leslie Boitelle et Hannah Pascal – Livre de poche 2010.

Ce roman se déroule à Kingsbridge, comme Les Piliers de la terre mais 2 siècles plus tard. Ce gros pavé (plus de 1000 pages) est tout aussi addictif ; il réussit à renouveler la trame du roman et nous plonge dans l’Angleterre du XIVe siècle, avec le développement de la bourgeoisie et l’indépendance des villes. Ce versant historique est parfaitement mis en œuvre : au delà des deux évènements forts qui sont parfaitement rendus, une grande attention est portée aux détails de la vie urbaine ou villageoise, aux relations entre les différentes couches de la société et aux évolutions sociologiques.

Ce volume court sur une trentaine d’années (1327-1361), présente de nombreux personnages et nous fait vivre leurs multiples péripéties. Le chapitre inaugural met en place la plupart des protagonistes : Ralph et Merthin, fils de Gerald, seigneur désargenté et déchu ; Caris, fille d’Edmond le Lainier, prévôt des marchands de Kingsbridge ; Gwenda, petite serve de Wigleigh exploitée par son père…
Leurs aventures sont portées par les ambitions, les lâchetés, les rivalités et les amours parfois tumultueuses. J’ai un petit doute sur la crédibilité du parcours de Caris, les autres destins sont tout à fait intéressants et nous font vivre l’émancipation des cités, le servage, l’impact de la peste, le rôle des taxations sur les évolutions du marché de la laine, la bataille de Crécy, les relations du clergé et du pouvoir…

Quelques bribes du livre, l’histoire est foisonnante et il y a des tas de développements non évoqués ici  :

L’abbaye de Kingsbridge s’est adjoint un couvent depuis le premier volume, celui-ci est financièrement plus florissant, au grand regret du prieur Anthony qui doit solliciter les sœurs pour ses dépenses extraordinaires. Le frère Godwin, quoique neveu du prieur, l’apprend à ses dépends car le monastère ne peut financer ses études à Oxford, que sa mère va prendre en charge pour soutenir l’ambition du jeune homme.

Une dizaine d’années plus tard, on retrouve Merthin et Ralph à l’occasion de la foire de Kingsbridge. Merthin a presque terminé son apprentissage de charpentier chez Elfric, il se fait berner par la fille de celui-ci alors même qu’il est amoureux de Caris. Ralph est écuyer chez le comte de Shiring et se bat avec Wulfric, un paysan de Wigleigh qui lui casse le nez. La fin de la foire est marquée par l’effondrement du vieux pont de bois, qui cause la mort de nombreuses victimes, permet à Ralph de se distinguer en sauvant le comte et à Godwin de manigancer pour se faire élire prieur en remplacement d’Anthony qui fait partie des disparus.
Devenu prieur, Godwin s’adjoint les conseils de Philémon qui l’encourage à pressurer les habitants de Kingsbridge pour financer la reconstruction du pont.

Bien que chassé par Elfric, Merthin va commencer à construire le pont mais Godwin lui retire le chantier ; Caris met en place un activité de teinture qui compense la perte du commerce de la laine, sa volonté d’obtenir une charte royale pour la ville l’entraine dans un procès dont elle ne se sort qu’en devenant religieuse ; Ralph est nommé seigneur de Wigleigh, ce qui lui permet de se venger de Wulfric qui sera soutenu malgré tout par Gwenda, Raph est toutefois condamné pour avoir violé une de ses paysannes et finit en brigand.

La période suivante se déroule quelques années plus tard. Pour régler un différent avec Godwin qui a pillé le trésor du couvent, Caris part en Normandie à la recherche de son évêque qui accompagne les troupes royales. Elle traverse un pays ravagé par la troupe et rejoint les armées pour assister à la bataille de Crécy où l’organisation anglaise vient à bout des troupes indisciplinées alliées de la France. Cette bataille est aussi le moyen pour Ralph, qui a été gracié en échange de son enrôlement, de se faire remarquer par le prince de Galles et d’être récompensé.
Merthin, qui était parti à Florence où il s’est marié, échappe à la peste qui a ravagé la ville et a tué sa femme et sa belle-famille, revient en Angleterre accompagné de sa fille et auréolé de ses succès. Malheureusement la peste gagne aussi l’Angleterre et ravage Kingsbridge. Alors que Godwin fuit la ville avec ses moines, Caris se dévoue et soigne les malades, est élue à la tête du couvent, réorganise ses terres qui souffrent du manque de main d’œuvre et n’hésite pas à s’opposer à Elfric, nouveau prévôt, pour rétablir l’ordre dans la ville, tout en nouant une relation interdite avec Merthin.

Le retour de Philémon, seul moine rescapé, met fin à leur relation et l’arrivée de nouveaux moines réactionnaires lui font abandonner ses vœux et renouer avec Merthin. De leur coté, Gwenda et Wulfric ont enfin des terres tout en restant serfs de Ralph devenu comte de Shiring.

L’épisode final donne un peu plus d’importance à Gwenda et ses fils, l’un est sauvé par sa mère bien qu’il ait tué le fils du bailli et finit par tuer Ralph ; l’autre développe la culture de la garance et devint métayer libre. Merthin et Caris mettent tout en œuvre pour éviter que Philémon ne devienne évêque alors qu’une dernière épidémie ravage la région et tue les compagnons de fugue de Lolla, la fille de Merthin.

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