Les singuliers

Anne Piercin – Les singuliers – Actes Sud 2016

Ce roman épistolaire est une belle découverte. Il nous plonge dans le monde des rapins de la fin du XIXe siècle et réussit à recréer le bouillonnement des mouvements picturaux : naturalisme, symbolisme, post-impressionnisme, pointillisme, nabis…

Les interlocuteurs de ces lettres, Hugo Boch, sa cousine Hazel et son ami Tobias Hendrike, sont trois peintres débutants. Hugo est parti en Bretagne pour se frotter aux artistes de Pont-Aven ; Hazel continue sa formation à Paris où elle choisit la vague naturaliste alors que Tobias rejoint l’Académie royale de Bruxelles tout en développant une voie très personnelle.

En panne d’inspiration, Hugo s’oriente vers la photographie ; ses échanges avec sa cousine et Tobias permettent de faire revivre la vie à Pont-Aven, le caractère difficile de Gauguin, son influence sur Sérusier. De son côté, Hazel raconte la préparation de l’exposition universelle de 1889 et la construction de la tour Eiffel, la vie artistique de Paris ou de Bruxelles… Ils évoquent et nous font découvrir Anna Boch, Anna Klumpke, Dagan-Bouveret, James Ensor, Mary Cassatt, Charles Filiger, Meyer de Haan.

Ce roman est très habile car le vrai sujet de ce livre est Vincent Van Gogh. Il n’est pas présent mais tout le monde en parle : Gauguin l’a côtoyé, les nouvelles arrivent par Théo, l’exposition des Vingt à Bruxelles se focalise sur lui, Anna Boch achète sa première toile….

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