1984

George Orwell – 1984, traduit par  Amélie Audiberti (en 1950) – Folio 1981.

Back to classic ! J’ai eu envie de relire 1984 en écoutant Le masque et la plume consacré à sa nouvelle traduction. La nouvelle traduction de Josée Kamoun semble encore plus terrifiante mais n’a pas fait l’unanimité, j’ai repris ma vieille édition Folio.

J’ai bien sûr lu ce livre adolescent et je m’aperçois que mes souvenirs l’agrègent au Meilleur des mondes, cette relecture est donc opportune.

Le narrateur, Winston Smith, travaille au ministère de la Vérité où il réécrit l’histoire pour faire disparaître des traces des personnages en disgrâce ou pour faire coller les prévisions du Big Brother à la réalité. Et je lis ce roman au moment du 30e anniversaire des manifestations de la Place Tien An Men, alors que la presse raconte en détail que le pouvoir chinois a fait disparaître toute mention de ces évènements et de ses protagonistes.

La guerre c’est la paix
La liberté c’est l’esclavage
L’ignorance c’est la force

Dans une société sous surveillance constante, Smith est un cadre du pari intérieur qui se rebelle. Il commence par douter de la propagande officielle de l’Angsoc, a une liaison interdite puis se joint à un groupe de résistants avant d’être piégé et rééduqué.

Une société hiérarchisée n’est possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.

L’histoire écrite après la 2e guerre mondiale ressemble diablement à ce que l’on sait des dictatures communistes, russes ou chinoises. Smith découvre le livre, interdit par le régime, qui explique les mécanismes de cette dictature; malheureusement ce qu’il découvre nous semble évident tellement nous l’avons vu et entendu dans les actualités des dernières décennies.

Mais au-delà de la critique de régimes dictatoriaux, ce livre parle aussi de notre société actuelle. L’omniprésence des « télécrans » qui permettent de surveiller les faits et gestes de chacun ne fait que décrire notre assujettissement volontaire aux Gafam.

Avec le développement de la télévision et le perfectionnement technique qui rendit possible, sur le même instrument, la réception et la transmission simultanée, ce fut la fin de la vie privée.

Le livre est un peu daté dans le style, la partie « théorique » est carrément indigeste, mais ce livre est à lire et à relire, il parle vraiment de notre monde actuel.

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