Les furtifs

Alain Damasio – Les furtifs – La Volte 2019.

J’ai lu quelques bons livres cette année, celui-ci restera sans doute dans le top. J’ai beaucoup aimé les précédents Damasio, La horde du contrevent et La zone du dehors, celui-ci les surpasse et méritera plusieurs lectures tant il est foisonnant.

Le fil conducteur est l’histoire de Sara et Lorca Varèse dont la fille Tishka a disparu. La mère a tenté de faire son deuil alors que le père veut garder un espoir, cette différence les a amené à se séparer et Lorac a rejoint l’armée pour devenir un chasseur de « furtifs », créatures quasi-invisibles et qui se transforment en céramique si elles sont capturées.

Lorca intègre une meute conduite par Hernan Agüero sous la direction de l’amiral Arshawin. Il y rejoint Saskia qui lui enseigne une autre perception et une autre approche de la chasse et qui convaincra les autorités à modifier leurs conceptions.

L’histoire se déroule en 2040 dans des villes privatisées où les citoyens sont catégorisés selon leur forfait qui leur donne accès à des prestations, des rues ou des quartiers, selon leur niveau. Le forfait est lié au port d’une bague qui transmet toutes les données personnelles et sert d’interface à une intelligente artificielle envahissante. Il y a quelques rétifs à ce nouveau monde pire que celui de 1984, Sarah en fait partie en étant « proferrante » qui dispense un enseignement gratuit, hors des systèmes d’éducation privatisés et se trouvera partie prennante des tentatives de libération d’immeubles ou de territoire.

Je pourrai donner d’autres pistes de lecture pour ce livre qui est tout à la fois une formidable histoire d’amour, un livre d’aventure, un thriller  avec des courses poursuites extraordinaires, un livre fiction-fantastique, un livre (très) politique, avec parfois un exposé de théories un peu ardu… Tout au long des 700 pages, il a différentes façon de prendre ce livre qui renouvelle sans cesse son intérêt et qui se combinent de façon très astucieuse.

Et en plus d’être très bien conçu et de faire réfléchir, ce livre est très bien écrit, magnifiquement écrit. Damasio joue sur la typographie, avec les mots, crée par moment son propre langage qui ouvre encore une autre dimension dans cette aventure.

 

Un livre en papier – ce truc à interface manuelle qui ne plante pas, ne te parle pas,n’a pas besoin d’énergie pour fonctionner et ne te demande pas si tu veux le mettre à jour.

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