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Tracts de crise

TractsLa peste, le choléra, la pandémie coronavirus fait référence aux grands fléaux de l’Histoire. Beaucoup évoquent Camus et La Peste ; d’autres plus rares, évoquent Le hussard sur le toit de Giono ou Malevil de Robert Merle. Je n’ai entendu personne parler du Juif errant et encore moins de Huis clos et de son fameux « l’enfer, c’est les autres ».
Personnellement, je n’ai pas envie de me plonger dans des récits apocalyptiques ; cependant, cette crise sanitaire et économique montre les limites et les absurdités de notre système et il n’est pas inutile d’y réfléchir.

C’est là que la collection Tracts publiée par Gallimard, une collection de petits textes, trouve son utilité. Pour la durée du confinement, les nouveaux textes sont gratuits. On peut télécharger ceux qui sont déjà parus et c’est tout simple de s’inscrire pour recevoir un courriel quotidien qui donne accès aux fichiers des nouvelles parutions, en format ePub ou PDF. Du coup, je découvre aussi que la lecture sur tablette est agréable !

Certains Tracts sont assez politiques, d’autres plus  littéraires; ces textes sont beaucoup plus intéressants que les journaux de confinement qui fleurissent un peu partout. J’ai particulièrement apprécié :

  • Johann Chapoutot, Pathologies sociales ;
  • Annie Ernaux, Monsieur le Président ;
  • Didier Daeninckx, On a cru te perdre ;
  • Philippe Videlier, Lettre d’Italie ;
  • François-Henri Désérable, Tout est déjà dans les livres ;
  • Alexandre Postel, Un texte nécessaire 
    et la liste n’est malheureusement pas terminée…

L’aveuglement odieux de ceux qui détruisent l’Etat, qui méprisent ses fonctionnaires, tous ceux qui dénonçaient la « gestion » et le « management » du « nouveau monde », tous ceux qui, comme les infirmières et les médecins gazés en manifestation disaient « Vous comptez les sous, on comptera les morts », se paye au prix fort. Cette pandémie est le crash-test du néolibéralisme qui atomise les individus, érige l’argent en seule valeur, raisonne en masses […] et en statistiques, et n’a su opposer aux lanceurs d’alerte, aux militants et aux syndicalistes que la violence d’un État dépouillé en amont et réduit, en aval, à la seule répression policière.
Johann Chapoutot

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