Comédies françaises

Eric Reinhardt – Comédies françaises – Gallimard 2020.

La quatrième de couv de ce livre est menteuse, l’épopée française d’internet est survendue et le but de ce livre est avant tout de de payer Ambroise Roux.

Ce roman était un des livres phares de la rentrée littéraire 2020, prix des Inrockuptibles, 3T Télérama…, mais je n’ai pas accroché. Un personnage central, qui pourrait être intéressant, sert juste de lien à plusieurs digressions plus ou moins bien venues. L’expérience de lobbyiste est plaisante, les considérations sur l’épilation ne sont mêmes pas dignes d’un magazine bas de gamme. Puis, ce roman bavard, verbeux même, nous égare d’abord à New-York en 1942 au moment où Max Ernst rencontre Jackson Pollock, puis nous sert une théorie complotiste (c’est à la mode !) où la CIA s’est appuyée sur l’art contemporain.

Toujours est-il que la grande affaire du livre ne commence à être évoquée qu’après 245 pages de verbiages, la seconde moitié bien entamée. Le sujet technique est bien sûr un écueil qui n’est pas évité, et devient un vrai naufrage quand il tente d’expliquer le datagramme et la transmission des paquets. La rivalité des informaticiens et des électroniciens se transforme en querelle de cour de récréation et surtout, j’ai eu l’impression de lire l’ensemble de la documentation sans synthèse, un peu comme si j’avais visionné tous les rushes d’un documentaire avant le montage.

Et si nous avons raté le développement d’Internet, c’est tout simplement à cause de Giscard inféodé à la volonté d’un grand patron, forcément malfaisant. Pour appuyer sa théorie, Reinhardt simplifie les choses à l’extrême, parodie une biographie sans doute hagiographique « Le prince des affaires » mais je n’ai pas senti de second degré, juste un récit peu convaincant, comme le reste de ce roman.

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