Retour du Canada, toujours

J’ai beaucoup parlé que de ce que nous avons vu, le voyage est aussi extraordinaire grâce aux gens que nous avons rencontrés. Le contact a été beaucoup plus facile avec les québécois, mais l’accueil a été partout généreux et spontané, ponctué de bienvenue et de comment allez vous ? accompagnés d’un sourire chaleureux.

Les québécois sont très ouverts et aiment les français. Dès qu’ils le peuvent, ils parlent de leurs racines, encore très fortes : la plupart savent de quel ville vient leur ancêtre, l’un d’eux nous a précisé qu’il était la 20e génération au Québec !

La France est une destination de choix pour les québécois (avec les Caraïbes) : on y parle français alors que les personnes les plus âgées ne parlent pas couramment l’anglais et on nous a même dit qu’il était moins cher de venir en Europe que d’aller à Vancouver.

Nous avons logé dans quelques gites, sur le principe du café-couette, qui se sont avérés de vieilles maisons en bois, construites il y a +/- 150 ans, une éternité pour ce pays. Certains sont des maisons de famille entretenues avec amour.

Je m’étais préparé à entendre un français très différent, cela n’a pas été le cas. Certes l’accent est différent, l’accentuation et la prononciation peuvent surprendre, mais rien d’exceptionnel, juste quelques particularismes qui font le charme d’une langue vivante. Il faut un petit temps d’adaptation car le « er » se prononce « ar » et le « a » grave se transforme en « o », ce qui peut donner : les arbres sont varts à Ottowo.

Il y a quelques adaptations lexicales à faire : le dépanneur de la station à essence n’est pas le débosseleur mais l’épicier ; on dit Bon matin au déjeuner, le premier des repas, le diner étant à midi et le souper le soir… Un restaurateur a voulu nous expliquer ce qu’était un panini : un sous-marin chauffé, le terme connu n’était pas celui qu’il croyait !
Miam !
En parlant repas, il faut oublier l’Ontario : c’est de la nourriture américaine, frites à toute heure, même au petit déj et gobelet de café ou de soda à la main en permanence ; au Québec, on reste un peu plus traditionnel. Le café est du café américain, lavasse plus ou moins claire mais servie généreusement : dès que la (grande) tasse est vide, elle est remplie. Les restaurants ont beaucoup de plats rapides : pizzas, sandwiches et burgers, nous avons quand même trouvé autre chose. Par contre, le soir il faut manger tôt : après 8 heures, il peut ne plus y avoir de service (sauf Québec et Montréal).

Nous avons aussi été étonnés car tous les prix indiqués sont hors-taxes et sans le service… d’où quelques surprises en payant !

Un autre motif de surprise a été de trouver des drapeaux partout, devant les maisons, dans les magasins, dans les voitures ! En Ontario, le drapeau canadien ; au Québec, quasiment pas de feuille d’érable mais la fleur de lys. Ce n’est pas la manifestation d’un nationalisme exacerbé, chez nous cela ferait facho, mais la fierté de son pays et l’attachement à ses racines.

En revanche, j’ai été très amusé des journaux que j’ai pu trouver dans les hôtels. Le Globe and Mail anglo-saxon a un format beaucoup plus haut et étroit que nos journaux (du genre 60 x 25 cm) et traite l’info comme chez nous. Les journaux québécois sont très locaux, même s’ils s’adressent à toute la Province : Le Journal de Montréal ou La Presse peuvent titre en Une sur la dérive d’un kayak pendant 6 heures ou un grand-père qui se casse la hanche à la porte de l’hôpital, et les articles vont parler d’un randonneur qui se trouve écrasé par son VTT… quasiment rien sur le Canada et pas du tout d’international, à côté le Parisien est un journal intello ! La radio a le même genre d’infos, et les flashs sont lus avec un ton tout a fait impersonnel très surprenant.

La grande inquiétude de cet été était l’arrivée vers Vancouver d’un bateau d’immigrés clandestins sri-lankais. C’était l’avant-poste d’une horde d’immigration sauvage et non voulue ; pendant ce temps, en France, on renvoie les roms, le monde n’est pas si différent.