Il y a encore des indiens au Canada

Les indiens sont appelés autochtones ou premières nations, ils représentent à peu près 2% de  la population. Les Inuit ont réussi à obtenir un territoire, le Nunavut, les autres se battent encore.

Nous avons eu une première approche au Musée des civilisations de Gatineau. Les expositions concernent plutôt les indiens de Colombie-Britannique et les Inuit. Il y a de nombreux peuples en Colombie-Britannique, le long du Pacifique, certains se battent encore pour obtenir un traité avec le gouvernement canadien. Le grand hall expose une série de totems (ouest du Canada) qui sont superbes. J’ai aussi découvert que les Inuit avaient une écriture propre et que la signalisation pouvaient être bilingue dans leur territoire !

On trouve partout des représentations d’Inukshuk, cairns antropomorphes du Grand Nord qui servaient à piéger les rennes ou à indiquer une réserve de nourriture.

Nous avons aussi visité le musée indien de Mashteuiatsh, situé dans la réserve indienne du Lac St-Jean. Foin des fantasmes, une réserve n’est pas un camp de rétention bouclé et verrouillé, il s’agit d’un village tout à fait ordinaire, les habitants sont juste un peu plus typés et n’ont pas de plumes. Les indiens qui y habitent sont les Montagnais, qui s’appellent de leur nom indien Ilnu. C’est un peuple de langue algonquine qui essaye de garder certaines traditions et de maintenir les territoires de chasse. Comme tous les peuples indiens, l’administration est assurée par un « Conseil de bande » élu. Le musée n’est pas grand, il présente peu d’objets mais pas mal d’informations sur l’histoire, les revendications et les luttes des indiens. La sédentarisation forcée et l’envoi des gamins en pensionnats a été un vrai choc culturel et une grand cause d’acculturation; cette politique a été générale et elle est évoquée pour les Cris par Boyden dans son recueil de nouvelles Là-haut vers le Nord.

Il y a pas mal de réserves au Canada, même si les indiens perdent leurs territoires au profit d’exploitations pétrolières, minières, de barrages hydro-électriques ou de réserves fauniques. Nous avons aussi été chez les Hurons à Wendake, à 2 pas de Québec. La nation Huron-Wendat est un peuple iroquoïen qui habitait la région des grands lacs (lac Huron). Commerçants et agriculteurs, ils étaient alliés aux français et ont été vaincus par les autres iroquois, alliés aux anglais. Quelques 300 hurons catholiques se sont exilés vers Québec au XVIIe siècle, ils ont eu différents refuges et se sont installés définitivement à Loretteville.

Nous avons été accueilli par un Huron aux yeux bleus, clair de peau ! en fait, les Hurons ont beaucoup assimilé les autres peuples et leur tradition d’accueil et d’entraide à incité les curés à leur confier les surplus des orphelinats…

L’approche est beaucoup plus ludique qu’à Mashteuiatsh, avec un village traditionnel reconstitué. Cela permet d’aborder leur mode de vie, les techniques de chasse et de survie et de nous présenter les danses traditionnelles, avec leur explication.

Je termine en reprenant un panneau affiché à Wendake :

  • Les indiens ont 5 fois plus de chances de vivre de l’aide sociale que les autres canadiens
  • Le taux de chômage chez les indiens est 2,5 fois plus élevé que celui qui prévaut dans lapopulation en général
  • La probabilité qu’un indien aille à l’université est près de 5 fois moindre que celle de l’ensemble des canadiens
  • Seulement 1 indien sur 5 a un emploi à plein temps
  • Un indien a 3 fois moins de chances de posséder une entreprise qu’un autre canadien

Les terres des indiens appartiennent à la réserve et ne sont pas saisissables, ce qui fait que les banques ont longtemps refuser de prêter aux indiens pour leurs projets économiques. Le conseil et les organisation de la réserve permettent le financement et il y a des entreprises indiennes qui se développent, pas seulement de l’artisanat pour touristes.