Zulu

J’en étais encore aux Série Noire en format poche, avec le fameux liseré jaune, je découvre un grand format, et un très bon roman. Ce polar se passe en Afrique du Sud et l’auteur, français, nous plonge dans les townships, ces ghettos hérités de l’appartheid.

Ali Neuman est le chef de la police de Cape Town. Sa mère habite encore dans un township et il voudrait bien savoir pourquoi un gamin l’a agressée. Il se retrouve aussi avec le cadavre d’un jeune blanche sur les bras qui va occasionner une enquête pleine de ramifications. La jeune fille est moins oie blanche que ses parents ne le voudraient, elle a utilisée un drogue inconnue mais hyper puissante et l’enquête va vite s’orienter vers les trafiquants des townships.

Le début est assez classique, on découvre l’histoire, les débuts de l’enquête et la personnalité des membres de l’équipe, multiraciale, comme il se doit : un baroudeur afrikaner qui s’est battu contre l’apartheid, un jeunot, blanc assez sensible qui a peur des combats, une noire experte en informatique… et Neuman n’est pas le plus simple : zoulou, fils et frère d’activistes torturés devant lui quand il était jeune, il en garde les traces dans sa tête et son corps.  Vers le milieu du livre, l’histoire s’emballe, les policiers sont pris à partie lors d’un contrôle, se trouvent en difficulté et  la violence arrive d’un coup, un coup de machette qui coupe une main, puis l’autre, puis le reste…

Le roman devient un vrai suspens où les bandits qui font la loi dans le township sont manipulés par des nostalgiques du passé, fascistes de la plus belle eau.

Outre le suspens, l’intérêt de ce livre est de nous plonger en Afrique du Sud, avec un vision différente, plus violente, de celles de Deon Meyer ou André Brink. Il sait nous rappeler le passé pour donner des clés et comprendre les rivalités entre Zoulous et Xhosas, les combats passés et leur impact actuel.

Caryl Ferey – Zulu – Série Noire Gallimard 2008.

Ce livre a eu plein de récompenses, notamment le prix des Lectrices de Elle