La princesse de Montpensier

La Princesse de Montpensier, le dernier film de Bertrand Tavernier, se déroule au XVI° siècle, en plein dans les Guerres de Religion, en même temps, il raconte une histoire intemporelle, d’amour de haine et de jalousie.

La jeune Marie est amoureuse de son cousin Henri de Guise. Bien que plutôt promise au frère de celui-ci, Mayenne, son père décide de la marier au prince de Montpensier, riche parti bien en cour. Marie se résigne, épouse Montpensier et va vivre dans son château d’Auvergne (superbe site et paysages). Autant dire que les Guise n’apprécient pas l’affront et haïssent l’heureux élu. Le jeune homme est vite rappelé pour aller guerroyer et laisse son épouse aux soins du comte de Chabannes, à charge pour lui de lui apprendre les usages de la cour. Chabannes est plus âgé, il a formé Montpensier, mais il est proscrit de partout pour avoir quitté le camp du roi pour la réforme et avoir déserté ce camp dégouté de la guerre. Il va révéler l’intelligence et le caractère de Marie et en tomber amoureux, en restant platonique.

Le prince revient de campagne et apprend à connaitre son épouse, en lui promettant d’aller à Paris, à la Cour. Au hasard d’une rencontre, Guise arrive au château accompagné du duc  d’Anjou, frère du roi et futur Henri III. Guise croyait avoir oublié Marie mais retombe sous le charme, elle ne le rejette pas, tout en restant à sa place, et son mari commence à devenir maladivement jaloux. Un troisième larron se met de la partie : Anjou, lui aussi sous la charme de la princesse.

Tout ce beau monde va venir à Paris. A la Cour, Guise séduit définitivement Marie et celle ci se trahit lors d’un bal masqué en le confondant avec Anjou, le tout sous les yeux du mari qui devient paranoïaque et la renvoie dans ses terres. Guise la conquerra avant le départ, aidé par Chabannes qui se sacrifie pour le bonheur de Marie. Ce dernier meurt en laissant une lettre testament adressée à Marie et qui lui sera remise par son mari, prêt à pardonner, mais celle-ci ira rejoindre Guise qui s’apprête à se marier et qui la délaissera, comme Chabannes l’avait prévu.

L’histoire est très bien menée, complexe et riche. On est vraiment plongé dans ce monde violent et rude. Les costumes et les décors sont magnifiques et ajoutent au dépaysement. Les 2h de film passent vite, rythmées par des scènes de bataille dantesques qui mettent bien dans l’ambiance. Tous les personnages sont crédibles et la jeunesse de tous ces combattants est bien prise en compte. Pour une fois, le futur Henri III n’est pas décrit comme une drag queen mais un jeune guerrier qui rechigne au trône de Pologne.

Au-delà de la reconstitution historique, toujours flatteuse, la réussite du film tient dans l’expression des sentiments, dans ce jeu de chassé croisé amoureux décrit de façon subtile et joué de façon sensible. Mélanie Thierry a le genre de beauté diaphane qui va bien avec le costume, Grégoire Leprince Ringuet est un jaloux maladif tout a fait crédible et juste et Lambert Wilson est toujors aussi excellent dans ce rôle d’amoureux discret.

La Princesse de Montpensier – Film de Bertrand Tavernier, dialogues de Jean Cosmos – 2010

2 réflexions au sujet de « La princesse de Montpensier »

  1. Merci de cette critique. Cependant, j’ai un gros bémol pour Leprince-Ringuet que j’ai touvé particulèrement fade. Vous auriez pu aussi souligner la performance lumineuse de Raphaël Personnaz qui incarne magnifiquement un Duc d’Anjou fort et intense. 🙂

    1. Leprince-Ringuet est effectivement plus réservé. Je suis sans doute naïf, mais je pense que c’est son personnage qui veut cela. Montpensier est un être somme toute timide, et notamment avec sa femme, ses sentiments ressortent par la jalousie qu’il exprime et qui le torture.

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