Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe

Le musée Jacquemart-André présente une exposition très intéressante sur l’art du XVIIe siècle. En quelques salles, nous découvrons comment des mouvements artistiques peuvent évoluer et s’influencer.

Nous commençons avec le baroque flamand, lui même inspiré du baroque italien. Un des maîtres de cette période est Rubens, il vient en France à la demande d’Henri IV et surtout de de Marie de Médicis et réalise en 1625 une série pour le Louvre. L’expo présente une Allégorie du bon gouvernement qui évoque la régente.
Nous retrouvons dans ces toiles les caractéristiques de l’art flamand, le gout des compositions, des paysages, le rendu des étoffes mais aussi les jeux de lumières. Les peintres flamands raflent les commandes officielles, les français apprennent auprès d’eux et l’expo nous permet de comparer les mêmes thèmes traités par des français ou des flamands, ceux-ci emportent la palme (magnifique tableau de Snyders : Un chien défend sa proie). Je découvre à cette occasion que Philippe de Champaigne est considéré comme un peintre flamand, il a tout appris chez eux.

Les peintre flamands, principalement basés à Anvers, exportent beaucoup, or la guilde des peintres régente la commercialisation des œuvres sur Paris et cherche à leur faire barrage, aussi ils s’installent au faubourg Saint Germain, rejoints par les peintres provinciaux rejetés de Paris. Cela crée une proximité et comme il y a des amateurs pour les scènes de genre flamandes, les artistes en font aussi, notamment les frères Le Nain.

La mise en valeur des antiquités et leur intégration à l’art marque l’arrivée du classicisme. C’est un courant marqué aussi par des compositions assez strictes illustré notamment par Nicolas Poussin, mais aussi Le Lorrain ou Charles Lebrun. C’est drôle de constater que Poussin, peintre représentatif de l’art français a fait quasiment toute sa carrière à Rome.

L’intérêt de cette expo est aussi de nous montrer comment le classicisme a été exporté en Flandres, via Liège, et de découvrir les dernières toiles qui représentent des scènes classiques traitées avec certains codes de la peinture flamande.

Rubens, Poussin et les peintres du XVIIe siècle au Musée Jacquemart-André jusqu’au 24 janvier 2011