Les émotifs anonymes

Une comédie romantique, c’est en général la rencontre de 2 personnes que tout sépare, et cela finit bien. Cela peut être l’histoire d’une pute (au grand coeur) et d’un homme d’affaires (Pretty woman), d’une fille à papa et de son garde du corps (l’Arnacoeur), d’un libraire et d’un actrice (Coup de foudre à Notting Hill) ou d’un prisonnier et d’une vache (ah ! c’est pas romantique ?).

Les émotifs anonymes magnifie le genre, avec 2 personnages extraordinaires. Il sait jouer des codes de de type de film, mais en les interprétant de façon très réussie.  Angélique (Isabelle Carré) est émotive, au point de faire partie de Emotifs anonymes, groupe de parole sur le modèle des AA. Elle postule pour un job dans la chocolaterie dirigée par Jean-René (Poelvoorde) et accepte ainsi un poste commercial, alors qu’elle est chocolatière, et timide !

Le patron semble dur, en fait il est aussi atteint de timidité maladive et voit un psy quasiment tous les jours. Le psy lui donne des exercices à faire (toucher quelqu’un, l’inviter à diner…) et à chaque fois il demande à Angélique, qui parait un peu gourde et lui fait moins peur que les autres. Pendant ce temps, elle sauvera la chocolaterie et ils vont devenir amoureux l’un de l’autre.

Le film vaut le détour pour les 2 acteurs. Poelvoorde donne du caractère à ce personnage timbré et renfermé pendant que Isabelle Carré illumine le sien. Elle se donne du courage en chantant et on se croirait presque dans des comédies musicales kitch des années 50. ce n’est sans doute pas digne de la Cinémathèque, mais on  passe vraiment un très bon moment.

Les émotifs anonymes, comédie de Jean-Pierre Améris, avec Benoît Poelvoorde et Isabelle Carré. 2010