Pyrame et Thisbé

Sans doute la plus jolie histoire, la plus romantique, des « Métamorphoses », du moins de ce que j’en ai lu jusque là. Pas de dieux, pas de viol, juste un amour partagé… qui finit mal, bien évidemment ! Ce récit qui raconte l’origine du mûrier est aussi fait par une des filles de Mynias.

Pyrame et Thisbé sont deux jeunes Babyloniens. Voisins, leurs pères ne veulent pas qu’ils se voient, mais ils communiquent par une fente dans le mur entre leurs deux jardins. Bien sûr, ils deviennent follement amoureux l’un de l’autre. N’y tenant plus, ils décident de se donner rendez-vous à proximité de la ville, près d’une fontaine et d’un murier portant des fruits blancs, comme tous  les muriers d’alors.

Thisbé est la première au rendez-vous mais, effrayée par une lionne qui se désaltère après la chasse, elle se réfugie dans une grotte toute proche. Dans sa fuite, elle perd son foulard, un voile blanc que la lionne déchire en laissant dessus des traces du sang des bêtes qui lui servaient de repas.

Quand Pyrame arrive au rendez-vous, il ne trouve pas sa belle, mais simplement le tissu tâché de sang. Il se fait tout un cinéma, s’imagine que la jeune fille est morte, tuée par la lionne dont il a entendu parler. Désespéré et se sentant responsable de cette mort, il se jette sur son épée pour se tuer : il réussit assez bien son coup, mais éclabousse le murier dont les fruits prennent une teinte sombre.

Pendant se temps, Thisbé commence à trouver le temps long et se dit que son amoureux tarde bien. Elle sort de sa cachette, le trouve agonisant et, ne pouvant le sauver, se transperce le cœur avec la même arme ! Bien sûr, les amants tragiques seront enterrés ensemble…

Cela ne vous rappelle rien ? J’ai comme l’impression que le grand William a lu cette histoire…

D’après Les Métamorphoses d’Ovide