Blackswan

Je ne dirai plus jamais que « Le lac des cygnes  » est une bluette gnagnan et mièvre ! Ce film autour de ce ballet est un véritable choc, avec un tension permanente.

Nina est danseuse de ballet et rêve de devenir étoile. L’occasion lui est donnée par Thomas qui se sépare de la vedette de sa troupe et veut monter le Lac des Cygnes.
Dans sa version, ce doit être la même danseuse qui joue le cygne blanc et le cygne noir, et avoir une personnalité qui lui permette de jouer ces deux rôles opposés.
Nina, couvée par sa mère, anorexique, timide, ne rêve que de perfection  et de technique ; Thomas, assez manipulateur, lui demande de se révéler et de faire ressortir une personnalité qui ne semble pas être le sienne.

Evidemment dans le monde du ballet, tout n’est pas rose. Nina craint la présence et la rivalité de Lilly, très libre, très proche de Thomas. Cette rivalité la poussera aussi à assumer tous les aspects du rôle.

Pendant près de 2 heures, sous sommes soumis à une tension terrible : la présence étouffante de la mère, la rivalité des danseuses, la crainte de ne pas réussir… et surtout, un approche presque fantastique où Nina voit son double, se rêve des fantasmes…
C’est très déstabilisant car on ne sait jamais quelle histoire on vient de voir, à chaque fois, on hésite sur la réalité. En même temps, il faut reconnaître que l’héroïne est quand même sacrément tapée !

Tout le film est transcendé par la danse, j’ai été admiratif car on découvre tout le travail sur le corps, sur la technique ou la mise en scène. Franchement, c’est du beau boulot et même le travail des pointes est devenu impressionnant, quant au ballet final, il est complètement époustouflant, la transformation de la danseuse en cygne est magique et féérique.

Ce film est un véritable choc, artistique car il rend un hommage extraordinaire à la danse et aux danseuses, et mental du fait de la tension permanente et de la schizophrénie galopante de l’héroïne.

Black Sawn, film de Darren Aronofsky, 2010 – Avec Natalie Portman, Vincent Cassel