Pour une histoire amérindienne de l’Amérique

J’ai repéré ce livre en visitant la réserve des Hurons-Wendats de Wendake. A l’origine, c’est une thèse publiée par les éditions de l’Université de Laval par le premier amérindien docteur en histoire.

Aussi intéressant ce livre soit-il, il reste un travail très universitaire et pas aisé à aborder. C’est aussi un thèse militante pour revaloriser l’histoire amérindienne et les droits des nations autochtones.

Sioui commence par dédramatiser le passé historique : plutôt que d’incessants combats pour savoir qui est le plus mauvais du blanc ou du rouge, il rend les microbes responsables de la quasi-destruction des amérindiens et de leurs cultures.

Son approche est de juxtaposer les sources historiques et les traditions indiennes pour arriver à une vision différente de l’histoire. Il commence donc par redonner le contexte social indien et la relation tout à fait différente que ces peuples peuvent avoir avec la nature ou entre eux. Les indiens sont sensibles à l’harmonie du monde, il en résulte des rapports sociaux très apaisés et un respect de la nature fondamental. Au risque de paraître anachronique, ce sont de vrais écologistes.

Un français, le baron de Lahontan, a bien connu les indiens au XVIIe et a rapporté dans différents écrits son expérience. Ces textes ont été évidemment critiqués par les colons mais on aussi influencés les Lumières dans leur approche du bon sauvage. Ces récits servent aussi à étayer le propos de l’auteur dans sa description d’une société qui semble bien idéale.

Sa thèse explique aussi les conflits entre Iroquois et Hurons, les différentes migrations des Hurons (terme péjoratif adopté par les français pour désigner les Wendats) et leurs spoliations successives. Il se sert aussi de ce contexte historique pour revendiquer des droits qu’il considère inaliénables sur les territoires ancestraux, droits qui sont déniés aux Indiens pour être accordés aux exploitations forestières ou minières.

Georges Sioui – Pour une histoire amérindienne de l’Amérique – L’Harmattan 2001