Diplomatie

Au petit matin d’un jour d’août 1944, le gouverneur militaire de Paris, von Choltitz, s’assure que tout est prêt pour faire sauter Paris et retarder l’avancée des troupes alliées. Les renforts attendus sont bloqués au delà de Soissons, sa situation est assez désespérée et il se prépare une résistance désespérée.

Le consul de Suède arrive pour le dissuader d’exécuter ses ordres. Il est déjà au courant de la situation et semble bien plus proche des Alliés qu’il ne le dit.

Le dialogue qui s’engage entre l’officier et le diplomate est bien évidemment un dialogue de sourds. Petit à petit, Von Choltitz reconnait que Hitler n’a plus tout sa raison, qu’il n’y croit plus vraiment mais qu’il est piégé car sa famille sert d’otage.

Le diplomate lui promet de protéger sa famille, de faire jouer des réseaux pour lui faire quitter l’Allemagne et obtient ainsi sa reddition. Mais est-il sincère ou machiavélique ? La dernière jette un doute…

Cette pièce de théâtre sur le thème « Paris brûle-t-il ? » réussit à tenir un suspense, bien que l’on connaisse la fin. Il y a quelques échanges intéressants sur le devoir et sa perception. Le sacrifice prend une dimension universelle avec une comparaison avec Abraham.

Cette pièce est une longue confrontation entre 2 acteurs. Arestrup (Choltitz) est excellent, il incarne parfaitement l’officier allemand plein de suffisance qui finit par douter. Surtout, il tient la scène avec un présence extraordinaire tout le long de la pièce. Par contre j’ai trouvé Dussolier assez fade. Son rôle d’ambassadeur nécessite sans doute plus de retenue, mais il est en fait peu convainquant.

Diplomatie, pièce de Cyril Gely, avec Niels Arestrup et André Dussolier. Théâtre de la Madeleine.