Rosa Candida

Vous connaissez l’Islande vous ? J’en sais quelques lieux communs : il y a des geysers, des volcans qui empêchent les avions de voler, peu d’habitants mais qui mangent du requin faisandé et surtout qu’il y fait froid. Au niveau littérature, il y a des sagas et du polar loin d’être excellent. Mais aussi, il y a aussi ce petit livre très sympathique.

Le héros de ce livre répond au nom impossible de Arnljotur.  C’est un jeune homme de 22 ans qui ne supporte pas les voyages en mer (il a fait plusieurs campagnes de pêche) et que sa passion des plantes envoie rejoindre un monastère pour restaurer une roseraie mythique.

Au cours du voyage, on découvre que son amour des plantes lui a été transmis par sa mère récemment décédée et qu’il a une petite fille, résultat d’une rencontre très brève. Au début, on le trouve un peu simplet, il accueille chaque situation avec un candeur désarmante, mais en même temps je l’ai trouvé mignon, pas méchant, attentionné avec son papa et son frère autiste.

On ne sait pas exactement où il arrive, dans un village qui doit être près de la mer, loin de son pays. Il est accueilli par les moines et commence à remettre en valeur le jardin, en s’inspirant des écrits anciens. Un beau jour, Anna, la maman de sa fille lui demande de s’occuper de la petite, le temps qu’elle prépare un examen et il se retrouve papa à plein temps d’un bébé de 9 mois, Flora Sol. Là encore, tout l’émerveille et il prend son rôle très au sérieux. Il va aussi se poser plein de questions sur son rôle de père, sa relation aux femmes, sur le sens de sa vie, quoi !

Ce n’est jamais lourd, son regard de grand ado est charmant et la vie coule facilement. Ce livre délivre de la bonne humeur et m’a fait énormément sourire. Le petit bout de chou prend évidemment une place énorme et apporte de la joie à tous, aussi bien à la vieille voisine qu’aux moines.

Ce livre pourrait s’apparenter à un roman d’apprentissage, c’est une histoire toute en finesse, très efficace et qui reste tendre sans mièvrerie.

Audur Ava Ólafsdóttir – Rosa candida, traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfsson. Zulma 2010