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Vents de carême

Padura semble être le grand écrivain cubain contemporain, voici le 2e volume des « Quatre saisons ». C’est mieux que « Passé parfait« , mais ce n’est pas encore l’extase. Après l’hiver et la nouvelle année, ce nouveau roman se passe donc au printemps, ce qui n’a aucun effet sur l’histoire !

Le style semble moins plat, il faut dire que le traducteur a changé ; j’ai vu que le suivant était traduit par un troisième… toujours est-il que ce livre est plus enlevé, plus vif, avec des personnages qui semblent avoir plus de caractère.

Notre inspecteur doit enquêter sur le meurtre d’un jeune professeur de lycée, battue, peut être violée et qui venait de faire une fête où se mêlaient alcool et marijuana. Cette histoire illustre donc une nouvelle fois les travers de la société cubaine : ce livre illustre les trafics divers, notamment de drogue. Padura vit toujours à Cuba, il n’est donc pas étonnant que les critiques soient plus allusives que violentes et ne touchent pas au système politique…

Mario Conde n’est pas un flic dépressif et nombriliste à la scandinave (ceux-là m’emmerdent !), on est plutôt dans un vide existentiel car lui et ses amis sont désabusés, semblent avoir loupé leur vie, ou plutôt leurs rêves. Padura fait une description assez pessimiste de cette génération désenchantée de jeunes adultes (35 ans) qui n’ont pas d’avenir ; pas étonnant qu’ils soient tous alcooliques.

Les privations sont évoquées, mais cela n’empêche pas Josephina, la mère de son ami Flaco, de lui préparer de superbes repas, qui finissent par des beuveries au rhum. Ce roman voit aussi Conde amoureux, et nous offre quelques descriptions des charmes de la Havane.

Leonardo Padura – Vents de carême, traduit par François Gaudry – Métaillé 2004