Clemenceau, le combattant

Une autre monographie de la série Tribuns de la Documentation française, après celle consacrée à Jaurès. Cette biographie est un peu plus fouillée et détaille mieux le parcours personnel et politique ; elle s’appuie sur quelques citations en privilégiant la politique sur les bons mots (il pouvait être mordant !).

Georges Clemenceau est né dans une famille républicaine en 1841 (Clemenceau s’écrit bien sans é). Son père est un opposant au 3e Empire et l’idée républicaine sera le fil conducteur de tous les engagements de Clemenceau. Médecin de formation, il devient maire de Montmartre en 1870. Il ne sera pas communard, bien que proche de leurs idées politiques. Elu député, il siège à l’extrême gauche avec les radicaux-socialistes et s’opposera aux socialistes, notamment Jaurès, à qui il reproche de privilégier la collectivité sur l’individu. Orateur virulent, il acquiert à ce moment une réputation de tombeur de ministères. Il sera aussi un farouche opposant de la politique coloniale défendue par Ferry.

Le programme des radicaux-socialistes tient en 5 points qui seront le combat de Clemenceau tout au long de sa carrière politique :

  • Libertés de la presse, de réunion et d’association ;
  • Plus juste répartition des impôts (d’où la création, bien des années plus tard, de l’impôt sur le revenu) ;
  • Séparation des Eglises et de l’Etat ;
  • Instruction obligatoire, gratuite et laïque ;
  • Amnistie des Communards.

La carrière politique de Clemenceau sera interrompue à la suite du scandale de Panama ; il se tourne vers le journalisme et défendra Dreyfus dès la première heure. Il est à nouveau élu, sénateur, après une interruption de près de 10 ans. Il votera les lois de séparation et devient ministre pour la première fois en 1906, à près de 65 ans. Ministre de l’Intérieur, puis président du Conseil, il autorise les grèves ouvrières mais fera tirer sur les grévistes à la première violence. Il garde une réputation de briseur de grèves et révoquait tout fonctionnaire qui faisait grève. Au plan social, ses réformes concernent la mise en place du repos hebdomadaire ou l’autorisation pour les femmes mariées à disposer librement de leur salaire…

Pendant la guerre, Clemenceau sera un aiguillon permanent pour les gouvernements en place qu’il juge trop faibles. Il devient président du Conseil en 1917 et sera un jusqu’au-boutiste, adversaire des pacifistes et d’une paix qui ne rendrait pas les territoires perdus. L’auteur défend l’attitude de  Clemenceau dans cette période, parfois qualifié de dictatoriale, lui donne acte d’avoir toujours respecté le parlement et d’avoir tenu les militaires sous l’influence du politique.

Chef du gouvernement qui a gagné la guerre, Clemenceau passe à la postérité comme le Père la Victoire et quitte le pouvoir en1920, sans avoir réussi à se faire élire Président de la République.

Samuël Tomei – Clemenceau, le combattant – La Documentation française