Syngué sabour

Ce roman se passe « quelque part en Afghanistan ou ailleurs ». Une femme veille son mari qui est blessé et sans doute dans le coma. Le livre nous fait vivre l’attente et le désespoir de cette femme qui règle sa vie sur le souffle de son mari. Petit à petit, elle s’épuise, se retrouve seule, abandonnée dans un quartier déserté qui devient le théâtre des hostilités.  Elle se révolte contre cette attente et le poids qu’elle lui impose. Elle se met à raconter sa vie pour exorciser sa peur et son angoisse.

Son histoire est celle des jeunes filles afghanes, soumises à une tradition qui les rabaisse et les humilie. La narratrice ruse pour survivre. Le tout sur fond de pays en guerre et elle épouse un « héros », combattant pour l’indépendance puis dans les factions religieuses.

Le début du roman est très stylisé, assez poétique et évoque bien l’attente. Lorsque le récit prend forme, ce style se ressent moins mais la lecture en reste très fluide. L’auteur raconte une histoire horrible mais arrive à lui donner un souffle épique. La fin est attendue (tout le monde meurt), quoique peu crédible dans la manière.

Ce roman, écrit dans un très beau français par un auteur d’origine afghane, a reçu le prix Goncourt en 2008.

Atiq Rahimi – Syngué sabour, pierre de patience – POL 2008