La boule noire

Walter Higgins, 45 ans, est le gérant du supermarché de Williamson dans le Connecticut. Bien marié, père d’une famille nombreuse, propriétaire d’une belle maison et bien inséré dans la société, il semble l’incarnation du rêve américain des années 50. Il veut intégrer le Country club où siège les notables pour marquer sa réussite.

Pour la deuxième fois, sa candidature est refusée, concrétisée par une boule noire mise dans l’urne (c’est une référence très maçonnique). Il est d’autant plus blessé de ce refus que son ami Conney lui annonce avec un grande désinvolture.

Sa première réaction est la colère (Je les tuerai tous !) et la honte. Il se rebelle en refusant de voter un projet soutenu par les notables et découvre qu’au final son avis importe peu. On s’aperçoit vite qu’il doute de lui-même, marqué par son enfance pauvre et la crainte qu’on lui reproche. Ce sentiment se renforce quand il est confronté aux frasques puis au décès de sa mère, alcoolique et kleptomane.

Ce livre se passe dans les années 50 ; la description du supermarché, symbole du modernisme, l’évolution de la famille et la description de la société le datent et lui donne une certaine authenticité.  C’est aussi le roman des apparences, Walter est né pauvre, il a commencé comme livreur et a gravi les différents échelons de sa société mais il craint toujours d’être rejeté à cause de ses origines. Son échec au Club house lui ouvre aussi les yeux sur cette classe supérieure à laquelle il souhaite s’identifier.

Georges Simenon – La boule noire – in : Le monde de Simenon : Humiliations