Banlieue sud

Michel Lepage est un vrai gangster, braqueur de banques et de tout endroit qui possède du liquide ou quelques chose qui peut se monnayer. Ce n’est pas le truand à la petite semaine mais un vrai dur qui a passé 23 ans en prison.

Son parcours semble presque classique : premiers vols à 14 ans, braquages plus sérieux plus tard, il forme avec ses copains de Vitry, Ivry et Villejuif ce que la police et les journalistes appellent « Le gang de la banlieue sud ». D’après Lepage, on leur prête plus de méfaits qu’ils n’en ont commis…

Le personnage est cependant attachant. Gangster à l’ancienne, avec ses valeurs et ses règles, il a un sens aigu de la famille. Il a entraîné dans ses affaires son frère et son père, mais il semble désolé que ses enfants aient pu mal tourner. Un de ses fils a été assassiné par une bande rivale et il est fier que sa fille mène une vie (presque) normale.
Braqueur professionnel, violent, évadé à plusieurs reprises, dont une fois en hélico, il passe ses années en prison la plupart du temps en isolement. Ces pages me rappelle le combat de Knobelspiess contre les QHS, mais sans en avoir la puissance ; cependant, les descriptions des relations ordinaires avec les matons en font pas honneur à la Pénitentiaire.

On sent que bien des choses sont enjolivées ou tues dans ce récit, il a bien souvent le beau rôle et ne doit pas dévoiler certains secrets. Ce n’est pas de la haute littérature, le style est souvent très imagé et truffé d’argot mais son récit se lit bien et fourmille d’anecdotes. Après toutes ces années, il est rangé des voitures. Sa motivation pour tout arrêter ? l’amour d’une femme, comme quoi on peut être vilain garçon et romantique !

Michel Lepage – Banlieue sud, ma vie de gangster – Grasset 2011