Electre à La Havane

Je suis sans doute un capitaliste petit bourgeois, ennemi de la grandeur de la Révolution, mais cet autre roman de Padura se déroule dans une société étouffée par la dictature et correspond plus à ce que j’imagine de Cuba.

Au début de ce 3e roman de la série, Mario Conde est mis sur la touche et l’ambiance au commissariat n’est pas géniale, sur fond d’enquête interne. Un homme est découvert assassiné et l’enquête lui est confiée.

Cet homme est le fils d’un diplomate mais a été découvert déguisé en femme et Conde va enquêter dans le milieu homosexuel de La Havane. L’homosexualité est considérée comme une déviation par le régime, un perversion impérialiste, mais elle est encore moins appréciée par l’enquêteur qui nous offre la palette complète des poncifs du macho homophobe.

Il va rencontrer Marquès, vieil homme de théâtre qui a été banni et rééduqué dans les années 70 à cause de ses mœurs. Son histoire va résonner étrangement chez Conde qui revit ses premières expériences de censure et qui se remet à écrire.
La pourriture du système est liée aux technocrates privilégiés, comme dans les premiers romans, et touche aussi la police. Pour le reste, Conde est moins dépressif que dans le précédent livre et toujours fidèle à ses amis d’enfance.

En fait, ce livre ne m’a pas fait vibrer, la 3e équipe de traduction ne rend pas le style plus fluide. Je crois que Marquès est le premier personnage vraiment attachant de cette série un peu plate. Padura a beau nous dire que son personnage n’existe pas et qu’il est une métaphore, j’ai plutôt l’impression d’une illusion.

Leonardo Padura – Electre à La havane, traduit par Mara Hernandez et René Solis – Métaillé 1998.