Les Piérides

Le défi des Piérides est une histoire à tiroirs. Tout commence par la curiosité de Minerve qui veut voir une source qui a surgi après que Pégase ait touché un rocher. Elle a beau être déesse, elle reste curieuse des réalisations extraordinaires de ses petits camarades.

Elle se rend donc sur l’Hélicon à Thèbes, montagne qui est aussi le séjour des Muses où la source surgit. Les Muses commencent  par lui raconter leur dernière aventure : surprises par le mauvais temps alors qu’elles se baladaient, elle demande abri à Pyrénée qui les héberge bien volontiers. Ce roi de Thrace ne veut pas les laisser repartir car il les mettrait bien dans son lit. Devant leur refus, il les pourchassent et, alors qu’elles s’envolent du haut d’une tour, il essaye de prendre le même chemin et se fracasse le crâne par terre. Les Muses rentrent chez elles pour être défiées par les 9 filles de Pieros qui contestent leur prééminence dans les arts et réclament une compétition arbitrée par les nymphes.

Rosso Fiorentino - Le défi les Piérides - 1524- Le Louvre

Les Piérides évoquent un épisode de la Gigantomachie, combat contre les dieux, assurent que le géant Typhée a poursuivi les dieux jusqu’en Egypte et qu’ils n’ont trouvé leur salut que par une transformation peu glorieuse en animaux inoffensifs.

Calliope prend la suite et s’appuie sur Typhée pour chanter l’histoire de Cérès et Proserpine. Cérès, sœur de Jupiter et de Pluton, est la déesse qui a donné aux hommes le blé, l’agriculture et les lois.

Cérès et Proserpine

Typhée a été vaincu par Jupiter et repose sous la Sicile, il vomit du sable et du feu par sa bouche qui est sous l’Etna. Quand il se débat pour se soulager du poids qui l’accable, la terre tremble et Pluton, roi des Enfers, vérifie qu’il n’y a pas de fissures, le jour pouvant épouvanter les ombres. Lors d’un de ses passages, Vénus lui envoie Cupidon pour le  rendre amoureux de Proserpine, la fille de Cérès. Vénus ne veut pas qu’elle prenne modèle sur Minerve et Diane, vierges échappant au pouvoir de l’Amour. Pluton ne fait pas dans la dentelle, il enlève Proserpine et l’emmène aux enfers. Au passage, il attaque la nymphe Cyané qui essaye de le raisonner et elle devient source.

Cérès cherche sa fille désespérément. Cyané ne peut rien dire mais montre la ceinture que Proserpine a perdu dans la fuite. Cérès comprend que sa fille a été enlevée et devient furieuse : elle brise les charrues, fait mourir les bœufs et les paysans, corrompt les semences, surtout en Sicile où elle a trouvé « l’indice », jusqu’à ce que la nymphe Arétuse lui révèle la vérité et lui dise où se cache sa fille.
Cérès va voir Jupiter, qui est aussi le père de Proserpine, pour obtenir réparation. Grand sentimental (indulgent surtout), il défend Pluton qui est amoureux et accepte que la fille revienne avec sa mère si elle n’a rien mangé aux Enfers. Pour son malheur, elle a grignoté 7 grains de grenade et a été vue par Ascalaphus que Cérès transformne hibou pour le punir d’avoir vu et rapporté. Pour faire plaisir à son frère et à sa sœur, Jupiter sépare l’année en deux parts égales et accorde un droit de garde alternée, 6 mois chacun.

Les nymphes trouvent la prestation de la Muse Calliope bien supérieure et lui donne la victoire mais les Piérides sont mauvaises perdantes et crient après les Muses qui les transforment en oiseaux tout en leur laissant leur goût du bavardage : ce sont les pies. Minerve raconte alors que le même genre de chose lui est arrivée.

Arachné

Arachné est une femme du peuple douée en tissage, qu’elle a appris toute seule, sans maître ; elle ne veut surtout pas que l’on dise que c’est Minerve qui lui a donné son savoir. Apprenant cela, la déesse s’énerve un peu et la défie dans un concours d’ouvrages de dames (c’est fou comme les dieux sont susceptibles !)

Minerve tisse et brode le combat qui l’a opposé à Neptune sous le parrainage de Jupiter pour la possession d’Athènes. Elle orne les angles avec 4 scènes où des hommes sont massacrés par les dieux pour les avoir défiés. De son côté, Arachné, illustre la fourberie des dieux qui se déguisent pour tromper les humains.

Pas contente du tout, Minerve déchire tout le travail d’Arachné qui veut se pendre… mais la déesse la sauve et la transforme en araignée, qui tisse pendue !

Ces différentes histoires montrent que les dieux sont très imbus de leurs prérogatives et qu’ils n’apprécient pas du tout d’être défiés par des humains trop jaloux ; Cassiopée est un autre exemple.

D’après Les Métamorphoses d’Ovide

Ovide est un auteur latin, j’ai donc pris les noms romains qui peuvent différents en grec :
Typhée = Typhon
Cérès = Démeter
Proserpine = Perséphone
Jupiter = Zeus
Pluton = Hadès
Vénus = Aphrodite
Minerve = Athéna
Diane = Artémis
Neptune = Poséidon