L’âge d’or hollandais

Le Rijksmuseum d’Amsterdam est en travaux depuis pas mal de temps pour une réfection totale. Il présente toujours une sélection de ses grandes oeuvres (la crème de la crème dixit -en anglais-  le site du musée) dont La Ronde de nuit. La visite de cette version réduite du musée est superbe.

Pendant ce temps, le musée fait voyager quelques oeuvres et a eu la bonne idée de prévoir une halte à Paris. L’exposition qui se tient à la Pinacothèque est centrée sur les oeuvres du XVIIe siècle hollandais, dit le Siècle d’or.

J’avais détesté la Pinacothèque lors d’une exposition sur les soldats de l’empereur Quin, l’armée de terre cuite retrouvée en Chine, et trouvé le lieu étroit et étouffant, ne permettant pas de profiter des oeuvres. Cette nouvelle visite m’a réconcilié avec le lieu, mais il reste biscornu et ne permet pas beaucoup de recul.

L’exposition nous présente une bonne centaine d’oeuvres de différents peintres autour de thématiques. D’abord,  les vanités et natures mortes, avec de très beaux bouquets. Ces bouquets peuvent aussi être lus au travers d’une symbolique religieuse, chaque fleur ayant sa signification. Puis les paysages, notamment par Van Ruysdaël, j’aime beaucoup un paysage d’hiver de Van de Cappelle : la lumière est très blanche et le ciel et la terre se mélangent. J’ai aussi découvert Paulus Potter qui s’est spécialisé dans les vaches et les chevaux !

Quelques grands tableaux consacrés à la Hollande de l’époque, ports, vaisseaux ou artisans, nous mettent dans l’ambiance avant d’attaquer les oeuvres majeures. Il s’agit d’oeuvres religieuses : un très beau Roi David d’un élève de Rembrandt, un St Jean Baptiste assez impressionnant par le contraste entre les couleurs, la mise en lumière et la richesse des vêtements et une femme récitant son bénédicité dans un intérieur assez sobre alors qu’un petit chat essaye de tirer la nappe à lui. Enfin, deux tableaux de Rembrandt, une tête de Roi et surtout le Reniement de Pierre qui domine tous les autres. Ce tableau est magnifique par ses jeux de lumières, l’expression des personnages.

L’exposition se continue par une section consacrée aux portraits, avec 2 Frans Hals extraordinaires, une femme très rigide et une homme beaucoup plus animé, et se termine par les scènes d’intérieur. Le clou de cette partie est sans doute le tableau de Vermeer, La lettre d’amour, mais j’aime aussi beaucoup le tableau de Jan Steen, La femme à la toilette ou celui de Peter de Hooch, Mère épouillant son enfant. La structure de ce dernier, et de celui de Vermeer, joue vraiment sur l’espace et ce jeu de perspective avec ouverture sur d’autres pièces donne une grande modernité au tableau.