Retour du Gers

Me voilà de retour du Gers, j’ai énormément apprécié cette région magnifique. Le Gers est un département agricole, c’est une belle campagne entretenue où même les fermes sont élégantes, je reviendrai sur les productions locales.

Les paysages sont très beaux et doux avec des moutonnements de collines recouvertes de tournesols ou de vignes et souvent surmontées de village ou de châteaux. La ressemblance avec la Toscane est peut-être exagérée mais c’est vrai qu’il y a un air de cousinage. J’ai principalement tourné dans le nord du département, les régions de Lomagne et d’Armagnac.

Qui dit Gers, dit Gascogne. Si ce département est l’héritier direct du Duché de Gascogne, son empreinte historique commence beaucoup plus tôt. La période romaine est encore visible au travers des villes de Novempopulanie (Eauze, Auch, Lectoure), des vestiges de villas gallo-romaines… et des vignobles.

La période médiévale a particulièrement marqué la région par la construction des castelnaux et des bastides, de fortifications, de tours et de nombreuses églises de style gothique méridional, à une seule nef.

Lors de la Guerre de 100 ans, la frontière passait entre Condom, ville anglaise, et Lectoure, ces 2 cités étant distantes d’une 30e de kilomètres. De plus, les Armagnac et leurs partisans étaient défenseurs du pouvoir royal face aux Bourguignons. On retrouve dans la toponymie  les noms des comtés de l’époque et des régions traditionnelles : Armagnac, Fézensac, Astarac, Lomagne…

La Gascogne est la terre d’Henri IV et des cadets, la région et ses châteaux ont continué à évoluer, la cathédrale d’Auch garde une décoration du XVIe  : vitraux  et chœur entièrement fermé aux stalles somptueusement sculptées.

Dès la préhistoire, l’actuel Gers est traversé par la Ténarèze, ligne de partage des eaux entre Adour et Garonne,  utilisée comme voie reliant les Pyrénées à Bordeaux sans franchir ni pont ni gué. Ce nom est encore vivant puisqu’il a été donné au Condomois et à une zone de production d’Armagnac.
Deux itinéraires vers Saint Jacques de Compostelle coupent le département : la Via Podensis qui vient du Puy via Conques et Moissac passe par La Romieu, Condom et Eauze et la voie d’Arles qui passe par Auch, Mirande et Marciac. De nombreuses églises se sont bâties tout au long de ces itinéraires et de leurs variantes, il en reste de belles traces qui ont valu l’inscription au Patrimoine de l’Unesco.

Aujourd’hui, le Gers développe un accueil touristique remarquable. Tous les villages que j’ai pu voir sont mignons, propres, fleuris, accueillants. Les routes de St Jacques sont réactivées (2 GR les reprennent) et les haltes pour les pèlerins sont nombreuses. Il faut pas mal circuler pour découvrir les villages et leurs halles, remparts, églises mais les routes sont belles et encore souvent bordées de platanes. Cela a beau être la campagne, j’ai trouvé l’offre culturelle intéressante, avec de nombreux festivals et des musées intéressants : celui d’Auch offre une belle collection d’art Précolombien et l’abbaye de Flaran des expositions temporaires de bonne tenue.

Enfin, je signale qu’en allant à Marciac je suis passé par Mirande : j’ai fait l’Astarac !

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