Habemus papam

Nous avons un pape ! Dans le film de Moretti, cette phrase rituelle à l’élection d’un nouveau pontife reste dans la gorge du cardinal censé annoncer la nouvelle. L’élu doute, ne sent pas la capacité de prendre cette responsabilité et fugue. C’est bien évidemment la panique au conclave et ce film joue sur les deux tableaux du doute et de la réaction des cardinaux pour raconter une histoire forte mêlée de farce.

Le début du film est déjà très drôle : les cardinaux sont filmés comme des gamins qui ne veulent pas que le voisin voit ce qui est écrit et tous redoutent d’être élus. Le nouveau pape élu (Piccoli) refusant de se montrer, on fait même venir un psychanalyste (Moretti) pour se sortir de la situation, mais il ne pourra pas grand chose. Le doute et la crainte sont plus forts que tout et terrassent le nouveau pape qui ne se sent décidément pas armé pour le rôle.

Le rôle de Piccoli est très intéressant, son personnage tout à fait crédible et sa réaction trouble le conclave car les cardinaux sont censés exprimer la voix de Dieu. Ce clin d’œil au dogme est renforcé quand un cardinal dit au psy qu’il n’ira pas en enfer car l’enfer est désert. L’autre culte, la psychanalyse, est aussi gentiment critiqué avec la psy qui voit une « carence de soins » chez tous ses patients.

Pour garder le secret, le psy est retenu dans le Vatican et il en profite pour observer et distraire ce petit monde. C’est souvent drôle et bien vu, parfois exagéré, mais ce coté comique permet d’avoir un film que ne prend pas la tête tout en traitant un grand sujet.

Film de Nani Moretti avec Michel Piccoli – 2011