Masterchef

Un soir en province, au fin fond d’une zone industrielle qui offre de l’hôtellerie industrielle et aucune distraction à la ronde ; une chambre assez minable pour cause de surbooking et/ou d’incompatibilité de systèmes informatiques, il faut peu de choses pour sombrer et ne pas réussir à lire le bon bouquin que l’on a emmené… et me voici à zapper pour passer le temps.

Bien évidemment, je n’ai pas le programme télé et les films sont déjà bien commencés, je me retrouve sur TF1 à regarder Masterchef. J’ai bien entendu parler de ce programme mais je ne connais pas (TF1 n’existe pas chez nous). C’est un avatar de la télé-réalité que j’ai suivi jusqu’au bout avec fascination et répulsion !

J’avais découvert la téléréalité avec le Loft et les aventures de Loana mais j’ai soigneusement évité depuis. On retrouve dans cette émission le même principe : une bande de personnes d’horizons différents confrontés aux mêmes épreuves, avec commentaires des candidats sur ce qu’ils ont fait et jugements à l’emporte pièces et souvent méprisant du maître de jeu. Ici, le but est noble : il s’agit de réussir à vivre sa passion et pouvoir se reconvertir en vrai cuisinier.

Le ressort dramatique est lié à la compétition puisqu’à chaque fois, un candidat se fait éliminer, ou doit faire une épreuve plus difficile en repêchage. Les candidats sont coachés par 3 pros, apparemment deux cuistos (dont un MOF) et un zozo qui semble plutôt critique gastronomique. Coachés, le terme est un peu exagéré car je ne les ai pas trouvé très pédagogues ! Et-là dessus, il y a une pétasse qui ne sert qu’à leur rappeler qu’ils risquent de dégager à tout moment ou qui nous offre de gagner à un jeu débile en appelant un numéro surtaxé.

On est loin des émissions culinaires, aucune explication sur ce qu’ils font et comment réussir, on a droit à des extraits de la préparation et une mise en exergue de leurs problèmes et de leurs difficultés. L’émission ne mégotte pas, on a même droit à un déplacement à New-York (on est près de la fin de la saison). C’est assez ahurissant de les voir installer 2 cuisines en plein air à Battery Park ou 5 pianos sur les toits de Windsor City !

Le jeu est pervers, c’est pour cela qu’il plait (et que je suis resté à regarder !) : après avoir dégagé 1 ou 2 candidats, on a droit à un duel de deux équipes puis à une nouvelle épreuve pour en éliminer un dans l’équipe perdante. Les pauvres devaient cuisiner en plein cagnard (40°) et on a même eu le clash qui donne du piquant : un des candidats explose, trop stressé et balance tout ! On se dit qu’il va être éliminé, mais comme c’est un bon petit gars, il revient tout penaud, s’excuse platement et arrive à rattraper les autres, malgré son absence d’une dizaine de minutes (on y a cru, chapeau le scénariste !).

Un dernier truc énervant : dès qu’un candidat est éliminé par la bande de sadiques qui sert de jury, il dégage après avoir rendu son tablier ; on le voit alors dans la voiture qui le ramène chez lui, sans armes ni bagages. C’est peut-être crédible au studio parisien, mais pas à New York, on sait bien que le vol de retour est réservé pour tout le monde et qu’ils n’en font pas repartir un avant !

Dire que j’ai regardé jusqu’au bout, je n’en reviens pas. Par contre, je n’avais pas le cerveau disponible, il y avait trop de suspens,  je ne me rappelle pas les pubs 😉

On trouve quand même la liste des recettes sur le site de l’émission.