Gainsbourg (une vie héroïque)

Ce film a bénéficié d’un buzz incroyable et la critique est unanimement élogieuse. C’est certes un bon film, mais ce n’est pas le chef d’oeuvre dont on a pu parler.

Heureusement, Joann Sfar est à la manoeuvre et ne nous fait pas un biopic classique. Il crée un conte et apporte une touche de merveilleux et de poésie.

C’est presque un film à sketches : après l’enfance de Lucien Ginsburg, nous voyons le jeune peintre devenir chanteur, appuyé par Boris Vian, puis aller de femme en femme. Du coup, la dernière partie devient plus faible, il sait moins bien rendre compte de la passion sur la durée avec Birkin et la décrépitude est juste évoquée.

Eric Elmosnino est vraiment bon acteur et incarne de manière formidable Gainsbourg, Laetitia (e dans l’a chanté par Gainsbourg) Casta est une Bardot extarordinaire et j’aime beaucoup Anna Mougalis en Gréco. Aparemment Sfar n’aime pas France Gall dont le personnage est vraiment caricatural. Il n’y a pas qu’une illustration sonore, mais des chansons (bien) interprétées par chaque acteur, et on en voudrait encore plus !

Sfar a quelques trouvailles dans le scénario : il confronte Gainsbourg à sa gueule, conscience et mauvais génie et met sur scène le personnage de Gainsbourg enfant au moment de la provoc de la Marseillaise. Il nous fait aussi un coup d’oeil avec le chat de Gréco qui parle (cf la série de BD Le Chat du Rabin du même Sfar).

Un dernier regret : le peu de chansons de Jane Birkin. Evidemment, nous avons droit à Je t’aime, moi non plus, mais c’est dommage du peu…