Villégiature

Goldoni a écrit la « Villégiature » sur les bourgeois de Livourne qui sont prêts à se ruiner pour partir à la campagne et y mener la grande vie. Il s’agit d’une trilogie qui analyse et se moque de ce petit monde, ses faux-sembants et ses intrigues amoureuses : La manie de la villégiature, Les aventures de la villégiature et Le retour de la villégiature.

L’adaptation que je viens de voir se focalise sur les 2 premières pièces, et surtout sur la Manie. C’est une version pauvre dans tous les sens du terme : un décor de bois blanc montrant ses structures (j’ai cru qu’il était monté à l’envers), une mise en scène quasiment inexistante et un jeu d’acteur pour le moins approximatif.

Dans la première partie, La Manie de la villégiature, Leonardo, jeune bourgeois ruiné est amoureux de sa voisine Giacinta, fille de l’insouciant Filippo, mais très jaloux de Guglielmo. Il veut, puis ne veut plus partir en villégiature à Montenero car Filippo propose d’emmener Guglielmo. S’il rend folle sa  sœur Vittoria par ses volte-faces, elle même est obnubilée par sa nouvelle robe et son envie de partir en vacances. Après plusieurs changements d’avis, tout s’arrange et Leonardo se fiance à Giacinta. C’est rapide, virevoltant, percutant, les valets apportent un peu de raison dans ce monde superficiel.

Arrivés à Montenero, les masques tombent et la pièce prend un air plus sombre, ce sont Les Aventures de la villégiature. Fernandino, le pique-assiette, joue le gigolo et essaie de plumer Sabina, la sœur de Filippo ; Vittoria est amoureuse de Guglielmo mais celui-ci aime Giacinta qui l’aime aussi malgré son engagement envers Leonardo et qui hésite entre ses obligations et son inclinaison.

Le pire de la version de Thomas Quillardet et Jeanne Candel est la fin de la pièce : un manque de respect flagrant du texte et des spectateurs, où l’actrice nous annonce tranquillement que Goldoni a écrit un long monologue sur les affres du choix entre l’amour et le devoir et qu’elle nous laisse l’imaginer… C’est du foutage de gueule de première catégorie. Pauvre Goldoni que l’on assassine, mais même ainsi, son génie arrive à ressortir !

Villégiature d’après Carlo Goldoni, mis en scène par Thomas Quillardet et Jeanne Candel – Théâtre La Piscine Chatenay