La Tempête

Je ne connaissais « La Tempête » que de réputation, voilà un manque de réparé ! C’est une histoire assez bizarre, un peu onirique, un peu fantastique, qui se déroule dans une île enchantée.

La pièce commence par le naufrage d’un navire qui ramène le roi de Naples et ses proches du mariage de sa fille en Tunisie. Cette tempête a été déclenchée par Ariel, le génie des airs, et commanditée par Prospéro, ancien duc de Milan, qui veut ainsi exercer sa vengeance sur les responsables de son éviction.

Prospéro est en exil sur son île depuis 12 ans, il est accompagné de sa fille Miranda  qui ne se souvient plus d’avoir fréquenté un autre monde. Ils ont comme serviteurs Ariel, à qui la liberté est promise, et Caliban, fils de la sorcière Sycorax, esclave plein de haine qui considère que Prospéro qui a volé son île.

Alonso, roi de Naples, est accompagné de son fils Ferdinand, de son frère Sébastien, de son conseiller Gonzalo, et d’Antonio, le frère de Prospéro, dont il a pris la place grâce au soutien d’Alonso.  Les naufragés touchent le rivage en différents points et Alonso croit que Ferdinand s’est noyé.

Tout au long de la pièce, le magicien Prospéro agit sur les esprits et manipule les destins. Ferdinand et Miranda vont se rencontrer et s’aimer mais Prospéro met Ferdinand à l’épreuve avant de l’agréer.
Antonio persuade Sébastien de tuer son frère et Gonzalo pour prendre le pouvoir à Naples comme lui l’a pris à Milan, mais leur tentative échoue car Ariel veille ; mais elle les plonge dans la folie avent de les amener à Prospéro à la fin de la pièce.
Nous suivons aussi les aventures de Trinculo et Stefano, serviteurs ivrognes qui veulent s‘emparer de l’île, encouragés par Caliban qui cherche ainsi à se venger de Prospéro.

A la fin, les méchants se repentent, les amoureux vont se marier, Prospéro pardonne et abandonne la magie pour revenir à Milan.

Cette pièce est complexe, elle parle du pouvoir, de la liberté, de l’amour, de la vengeance, et peut supporter plusieurs interprétations. Le personnage de Prospéro est très ambivalent, notamment vis à vis de Caliban.

La mise en scène de Philippe Awat s’appuie sur un décor qui permet deux niveaux de scène, reliés par une paroi qui tient tout à la fois du tobogan et du mur d’escalade. C’est surprenant mais assez efficace. Cette pièce qui vient d’être créée est encore en rodage, cela se ressent, il faudrait notamment revoir l’emplacement des micros… Je n’ai pas compris l’intérêt du tablier de tabellion de Prospéro et le costume d’Ariel, collant et justaucorps de couleur chair, n’est pas convainquant. Heureusement, la pièce supporte ces imperfections.

La tempête , de William Shakespeare, traduction et adaptation de Benoîte Bureau et Philippe Awat, mise en scène de Philippe Awat – Théâtre La Piscine Chatenay