Le baladin du monde occidental

Synge a écrit cette pièce au début XXe, elle est suffisamment intemporelle pour ne pas être datée. Le titre français de cette pièce est moins explicite que son titre orignal, The playboy of the western world. Elle se passe dans un bled d’Irlande, dans le comté de Mayo, loin de tout. La vie monotone des habitants est secouée par l’arrivée de Christy Mahon qui fuit pour avoir tué son père d’un coup de bêche.

Loin de choquer, il est envié par les hommes et admiré par les femmes du village pour avoir oser ce geste extrême que nombre d’entre eux ont rêvé de faire. Grâce à leur regard, le fuyard craintif prend de l’assurance, devient un véritable héros. Les filles du village lui courent après ; l’indépendante Pegeen Mike en tombe amoureuse, heureuse d’échapper au falot Shawn ;  et même la veuve Quin se met dans la danse.

Le coup de bêche à la tête devient un coup formidable qui a d’abord fendu la tête en deux, puis le bonhomme jusqu’au ceinturon. L’admiration des villageois tombe quand son père le rejoint, bien vivant mais mal en point. Celui que son père présente comme un benêt manque de peu d’être pendu et retourne l’opinion en sa faveur.

Le texte d’origine mêle l’anglais au gaëlique et la traduction nous offre un langage fleuri aux tournures étranges et approximatives qui rappellent la syntaxe de Sarkozy et le vocabulaire de Royal. Au début, cela surprend un peu, mais on s’y fait vite.

La mise en scène s’appuie sur un décor qui représente l’auberge et qui tient lieu de forum ouvert sur l’extérieur. Les acteurs sont très convaincants et nous offrent une pièce très actuelle et vivante.

John M. Synge –Le baladin du monde occidental, traduit par Françoise Morvan et mis en scène par Elisabeth Chailloux – Théâtre La Piscine Chatenay