Les New-yorkaises

La misère n’est pas que chez les pauvres dit la sagesse populaire, Wharton nous en donne un bel exemple avec ce roman qui se passe dans la bourgeoisie « upper class » du New York des années 20.

Mrs Pauline Manford a une vie très occupée, prise entre ses réceptions, ses bonnes œuvres, ses grandes causes, les exercices spirituels que lui conseillent des gourous de toute sorte. Sa fille Nona a beaucoup plus les pieds sur terre alors que sa belle fille Lita est une jeune femme qui se lasse très vite de tout et qui rêve de faire du cinéma.

Pauline ne se rend pas compte de ce qui se passe, dans son entourage, égoïstement aveugle à l’attirance de son mari pour Lita, aux efforts de son premier mari pour sauver l’honneur de son fils, aux peines de sa fille. Elle règne en ville et à la campagne et son grand œuvre est l’organisation d’un dîner avec un cardinal alors que des drames se déroulent à côté d’elle.

C’est le premier livre de Wharton que je lis, j’ai d’abord été un peu surpris, et énervé, par l’abondance des détails mais au final elle nous livre une analyse très fine des personnages et une critique assez féroce de leur vacuité et de leur faux-semblants. Elle raconte une histoire en assemblant des petits bouts de rien ; en fait, c’est du grand art.

Edith Wharton – Les new-yorkaises, traduit par Jean Pavans – Flammarion