Les neiges du Kilimandjaro

Michel, syndicaliste au chantier naval (Jean-Pierre Darroussin) et Marie-Claire, femme de ménage (Arianne Ascaride) forment un couple d’ouvriers à la vie assez simple, propriétaire de leur maison, qui passent le dimanche à la mer en famille. Michel fait partie d’un charrette de suppressions de postes, négociée avec la direction, dont les 20 membres sont tirés au sort. En pré-retraite, il s’occupe de ses petits-enfants, bricole…

Un soir, tout bascule alors qu’ils jouent aux cartes avec Raoul et Denise, leur beau-frère et belle-sœur : 2 hommes les agressent chez eux pour prendre la cagnotte que leurs amis avait réunie pour leur offrir un voyage.

Par hasard, Michel découvre qu’un des responsables est un ancien collègue, un jeune qui lui reproche ses compromissions et les conditions du licenciement. Michel et Marie-Claire vont essayer de comprendre et se demander ce qu’ils ont raté alors que Denise reste terrorisée et Raoul est révolté et vengeur. Cette différence va créer une rupture profonde entre les beaux-frères, amis d’enfance et de lutte syndicale. Marie-Claire découvre l’existence des 2 jeunes frères abandonnés par leur parents dont leur agresseur s’occupait et, avec Michel, ils décident de les prendre en charge, ce que n’accepte pas leur famille.

J’ai trouvé ce film émouvant, Darroussin et Ascaride sont vraiment extraordinaires dans ce film, très justes et très beaux. C’est plein de bonnes intentions, peut être un peu naïf par moments mais assez crédible. Le rejet des agresseurs transforme un gars assez généreux en une boule de haine, les proches ne comprennent pas que l’on puisse essayer de comprendre au lieu de simplement condamner, ces sentiments sont tout à fait justes et les personnages en paraissent encore plus humains, mais cet humanisme est sans doute en dehors du temps.

Les neiges du Kilimandjaro, un film de Robert Guédiguian avec Arianne Ascaride et Jean-Pierre Daroussin, 2011