La Légende dorée

La Légende Dorée a été écrite au XIIIe siècle par un dominicain, archevêque de Gênes, pour édifier les foules et leur montrer l’exemple, un genre de bréviaire laïc. J’y ai trouvé quelques récits intéressants qui peuvent expliquer des croyances ou permettent de décrypter des motifs d’art sacré mais c’est aussi un manuel de propagande vite ennuyeux, comme tous les catéchismes.

Jacques de Voragine (né à Varazze à côté de Gènes) est très pédagogique dans ses explications du dogme, il valorise toujours la recherche de la pauvreté et il s’appuie sur les vies exemplaires des apôtres, martyrs et  confesseurs (théologiens) pour étayer son propos. Très vite, les récits deviennent répétitifs et monotones mais la Légende permet aussi de découvrir certaines positions de l’Eglise primitive. Le mariage est sacré mais Hilaire préfère voir sa fille morte que mariée ; les femmes refusent de coucher avec leurs époux païens et les couples chrétiens sont encore plus saints quand il s’abstiennent de relations charnelles. Ce n’est pas un histoire de la chrétienté mais on y découvre plusieurs épisodes et j’ai déjà évoqué la lutte contre les ariens qui sont les hérétiques suprêmes.

Les empereurs romains combattent le culte chrétien et ne cessent de vouloir que leurs sujets sacrifient aux idoles. Dioclétien semble avoir été plutôt favorable aux chrétiens, Julien a eu une politique de tolérance pour les différents cultes mais Maxence n’a pas hésité à sacrifier sa femme lorsque elle s’est converti. On a beau forcer les chrétiens, les idoles se détruisent dès qu’ils s’approchent d’un temple, leur martyr entraîne des accidents qui tuent les spectateurs (Ste Charité est jetée sans dommages dans un un four qui explose et tue 6000 païens) ou des conversions en masse (5000 d’un coup lors du martyre de Ste Marguerite).

Pour marquer les esprits et assurer de la supériorité du catholicisme, la Légende n’hésite pas à parler de plusieurs résurrections. Voragine parle aussi beaucoup de démons qui tentent les saints, qui prennent possession des païens ou des idoles. St Antoine, St Macaire, Ste Marguerite combattent avec succès les démons et quand St Jude en fait sortir d’une idole, ce sont des éthiopiens noirs et nus…

D’après Jacques de Voragine – La légende Dorée trad. Thérèse de Wyzewa, Seuil, coll. « Points Sagesses », 2004