Arts de l’islam

L’exposition en cours à L’institut du monde arabe présente l’art de la civilisation islamique au travers de près de 500 pièces de la collection de Nasser David Khalili, mécène dont la collection est riche de plus de 20 000 objets.

La mise en scène de l’exposition est très réusssie ; les décors sont simples et agrémentés de dessins qui mettent bien en valeur des objets magnifiques, d’une richesse et d’une beauté extraordinaires. La visite ne se fait pas dans un ordre chronologique ou géographique, mais autour de 3 thématiques : le sacré, le politique et la vie quotidienne.

Nous sommes accueillis par des tentures brodées qui viennent de la Mecque : il s’agit des tentures qui recouvrent la Qaaba et qui sont changées tous les ans. Cette 1ère partie est surtout composée de corans, de feuillets ou de volumes entiers. Certains, en parchemin ou en papier, datent du Xe siècle. Tous sont admirables par leur calligraphie et leurs enluminures ; par exemple, un parchemin tout à fait original, teint en bleu, avec le texte en or. Il faudrait pouvoir lire l’arabe pour mieux apprécier les différentes calligraphies, plus ou moins anguleuses, arrondies ou verticales, mais on repère quand même bien les différences et c’est un plaisir pour l’oeil. La forme des corans est aussi variée, depuis des livres en plusieurs volumes au mini coran intégral ; 2 sont tout a faits inhabituels : un coran du Soudan sous formes de feuillets simplement assemblés dans une reliure ou un coran sur un rouleau dont les espaces libres forment eux mêmes des calligraphies.

La 2e partie, « l’atelier des mécènes », est principalement illustrée de miniatures persanes. Une belle série, extraite du Livre des rois, est d’une finesse incroyable. Quelques très belles pièces d’orfèvrerie, armes, harnachements, pièces de fauconnerie ou bijoux, complètent cette partie. Deux dagues magnifiques sont présentées, l’une a un manche en jade enrichi de pierreries et le manche de l’autre est une calligraphie.

La dernière partie met l’accent sur les formes et les couleurs des objets et sur les représentations d’hommes ou d’animaux dans les objets usuels, plats, brûle parfums ou objets de décor. Cette partie présente des éléments d’architecture, des tapis ou des plats. J’ai particulièrement aimé une pipe à eau et un coffret moghol, en émaux, avec un décor de fleur de pavot et de feuilles d’acanthes.

Cette exposition qui présente des oeuvres du Xe au XIXe siècle, montre que l’art islamique garde une dimension universelle, avec de très belles réalisations qui vont du Maghreb à l’Inde, et qu’il a su intégrer les spécificités des différents peuples. Même si on lui donne un vocable religieux, c’est ausi un art profane qui s’adapte à tous le smodes de vie.

Une dernière mention pour l’affiche. De loin, je pensais aux moucharabiehs, mais il s’agit d’une interprétation calligraphique des mots arts et islam, ce qui donne un pavé que l’on peut voir en bas de l’affiche, à gauche du titre, et qui est répété.

Arts de l’islam, chefs d’oeuvre de la collection Khalili – expo jusqu’au 14 mars 2010