Orages ordinaires

Adam Kindred est climatologue, il vient juste de divorcer et revient en Angleterre pour chercher un poste d’enseignant. Le soir de son entretien d’embauche, il veut rendre service, rapporter un dossier oublié dans un restaurant et se retrouve avec un cadavre sur les bras. Bien entendu, il a laissé des traces partout, pris l’arme à pleines mains et devant tant de risques d’être accusé, panique et se cache.

Adam devient un sans abri qui s’installe dans un petit parc au pied d’un pont et se sait poursuivi par un type qui semble malfaisant. Il gagne sa vie en mendiant, fréquente une étrange « église de John » qui accueille des gars comme lui, paumés ou en fuite, et devient John 1603. Un peu plus tard, il prend l’identité de Primo Belem, devient brancardier et rencontre Rita, une flic de la brigade fluviale.

Ce personnage permet de découvrir la misère à Londres et on se croirait dans du Dickens un peu coloré, mais l’histoire ne s’arrête pas à lui, elle est beaucoup plus riche et complexe. L’homme tué du début était chercheur pour un laboratoire pharmaceutique, nous suivons aussi les démêlés du patron qui se fait avoir par un partenaire qui le dépouille et qui cherche à commercialiser un médicament dangereux (ce roman est sorti avant que l’on parle du Médiator en France !). Bien évidemment, les deux histoires sont liées et Boyd nous dresse ainsi un portrait assez terrifiant des deux extrêmes de la société britannique.

Il y avait longtemps que j’avais lu un roman de William Boyd, je le retrouve dans celui-là avec un vrai plaisir de lecteur : une bonne histoire, un talent de conteur, une fin qui reste ouverte.

William Boyd – Orages ordinaires, traduit par Christiane Besse  – Seuil 2010