Le chat

Le film avec Gabin et Signoret est excellent, mais le livre est beaucoup plus riche, approfondit les personnages et leurs motivations.

Emile Bouin et sa femme Marguerite ne se parlent pas, ont chacun leur armoire avec leurs provisions, font la cuisine chacun de son coté et n’échangent que par des petits papiers, même pour les insultes.
La cause de ce mutisme est la mort du chat d’Emile, empoisonné par Marguerite alors que celui-ci était cloué au lit par la grippe. Emile et Marguerite se sont épousé en secondes noces et Simenon nous raconte petit à petit leur vie, leur rencontre et l’évolution de leurs relations.

Emile est veuf d’Angèle, une femme facile à vivre, pleine de vie qui est décédée d’un accident. Ancien chef de chantier, il a démarré comme ouvrier et a rencontré Marguerite alors qu’il était déjà retraité et habitait la même rue. Il l’a épousé, est venu s’installer chez elle avec son chat Joseph. Elle est veuve d’un musicien, propriétaire de quelques maisons, restes de la fortune engloutie par son père. Elle vit dans sa grandeur passée, la biscuiterie familiale, l’impasse qui leur appartenait entièrement, elle méprise le côté populaire d’Emile et a peur de son chat.

Elle tue donc le chat, Emile se venge sur son perroquet et c’est elle qui décide de ne plus lui parler, ne pouvant pas divorcer en tant que catholique. Emile va chercher du réconfort du côté de Nelly, une bistrotière que s’offre généreusement, tandis que Marguerite s’appuie sur Mme Martin, une bigotte qui cherche à s’incruster. Leur couple si mal assorti est dû aux manipulations de Marguerite qui a mis le grappin sur Emile ; mais au final, il se retrouvent tous les deux, incapables de se quitter. Ce n’est qu’à la fin de roman que l’on découvre toute la dimension de Marguerite, femme sèche et sans coeur qui n’appelle aucune pitié, contrairement au personnage du film.

Le roman se déroule à Paris, entre la Santé, Glacière et Denfert. On sent qu’il s’agit encore d’un Paris de villages et les travaux qui rasent les maisons d’ne face préfigurent la reconstruction des années 70.

Simenon – Le chat – 1966