Le mec de la tombe d’à côté

C’est un roman à deux voix, chaque protagoniste raconte et fait avancer le récit en alternance.

Désirée est une jeune veuve qui vient au cimetière sur la tombe de son mari. Ce n’est pas une veuve éplorée, elle vient plus par habitude et parce que cela se fait. La tombe de son mari est très simple et elle ne supporte pas le monument d’à côté, exubérant et kitch. Elle ne supporte pas non plus le gars qui vient s’en occuper, qui a l’air assez plouc.

Benny, de son côté, aimerait bien qu’il n’y ait pas cette fille palotte dans son voisinage, elle l’importune par sa seule présence.

Et puis un jour, un sourire « de vacances d’été » va tout changer de part et d’autre, et ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre, belle comédie romantique en perspective.

Oui, mais voilà, elle est intello, bibliothécaire, libre et lui est fermier, ne lit pas et aimerait bien quelqu’un pour l’aider à la ferme. Ce sont deux mondes complètement opposés qui vont se rencontrer.

Le talent de l’auteur est justement de ne pas éluder ces oppositions et les frictions qu’elles engendrent, tout en racontant une jolie histoire d’amour, qui finit mal. J’ai juste une réserve pour le rebondissement de la fin, pas très crédible contrairement au reste.

Katarina Mazetti – Le mec de la tombe d’à côté – Roman traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus – Gaia, repris en poche Actes Sud, Babel 2009