La guerre des 2 roses

La guerre des Deux-Roses désigne la période de guerres dynastiques qui ont opposé les maisons royales de Lancastre (Lancaster en VO), rose rouge, et d’York, rose blanche,  pendant une trentaine d’années, de 1455 à 1485. Il est un peu compliqué de s’y retrouver dans ce conflit entre cousins Plantagenêt car ils s’appellent tous Richard, Edouard ou Henri… Plusieurs protagonistes sont les héros de pièces de Shakespeare.

Tout débute quelques années auparavant avec Edouard III, le roi qui a commencé la Guerre de Cent ans. Edouard a plusieurs fils dont le Prince noir, Edouard de Woodstock, aîné et héritier du trône ; Jean de Gand, duc de Lancastre, 3e fils du roi, et Edmond de Langley, duc d’York et 4e fils. Le Prince noir meurt avant son père et laisse un fils qui accéde au trône à l’âge de 6 ans sous le nom de Richard II.

Bien évidemment, le jeune roi Richard II est d’abord cornaqué par ses oncles, notamment Jean de Gand (que l’on retrouve dans les aventures de Crispin). Son règne personnel tourne assez vite au despotisme et il lasse les barons. Quand son oncle meurt, il cherche à déshériter Henri de Lancastre (aussi appelé Henri de Bolingbroke) et l’exile ; tentative qui se retourne contre lui car son cousin le force à abdiquer en sa faveur et devient Henri IV, premier roi de la maison de Lancastre (1399). Richard II meurt peu après, sa fin a sans doute été précipitée…

Henri V (encore un pièce de Shakespeare) succède à son père Henri IV, c’est le vainqueur d’Azincourt (1415). Marié à la fille du roi Charles VI, il a failli être roi de France.

Son fils devient le roi Henri VI à l’âge d’un an. Il a hérité de la folie de son grand-père et c’est sa femme Marguerite d’Anjou qui dirige à sa place ; pendant son règne, les anglais ont peu à peu été chassés de France.

C’est là qu’entre en scène Richard d’York, doublement descendant d’Edouard III : par son père, il descend d’Edmond de Langley, duc d’York et 4e fils d’Edouard ; par sa mère, il remonte à Lionel d’Anvers, 2nd fils d’Edouard, dont la fille s’est marié à la très riche et puissante famille Mortimer. Certains trouvent que Richard a plus de droits au trône que le calamiteux Henri VI ; Richard a d’ailleurs repris le nom de Plantagenêt pour bien asseoir sa revendication.

Marguerite d’Anjou ayant donné naissance à un héritier, Richard d’York voit ses espoirs diminuer et cherche à s’imposer par la force. Victorieux à la bataille de St Albans en 1455, il se fait nommer Protecteur par le Parlement et continue les combats. En 1460, un accord est signé qui le nomme héritier d’Henri VI. Marguerite ne voit pas d’un bon œil ce traité qui déshérite son fils, elle continue les combats et gagne la bataille de Wakefield (1460) où Richard d’York trouve la mort.

Le fils de Richard d’York reprend les combats et se fait couronner l’année suivante sous le nom de Edouard IV. Les combats vont continuer une dizaine d’années ; pendant cette période, Henri VI puis Edouard doivent s’exiler un temps en Hollande, quand leur parti est trop faible. Finalement, Henri VI est enfermé à la Tour de Londres après la bataille de Tewkesbury (1471) et y meurt rapidement. Le fils de Marguerite et Henri VI, le prince de Galles Edouard de Westminster, est tué pendant la bataille sur ordre des frères d’Edouard IV, les ducs de Clarence et de Gloucester. Clarence sera mis à mort pour complot quelques années plus tard.

Edouard V, fils d’Edouard IV, n’a que 12 ans quand il est proclamé roi. Son règne ne dure pas, le trône est usurpé par son oncle Gloucester qui veut éloigner du pouvoir la famille de la reine, les Woodville. Edouard est emprisonné avec son frère Richard, ils sont déclarés illégitimes et les deux « enfants de la Tour » disparaissent.

Gloucester devient donc roi sous le nom de Richard III. Chef militaire respecté, il est d’abord bien accueilli mais la mort des Enfants de la Tour lui faut perdre tout appui. Il règne 2 ans, battu par Henri Tudor et abandonné de tous. Il meurt en 1485 à la bataille de Bosworth (mon royaume pour un cheval… c’est lui), dernier roi de la maison d’York.

Henri Tudor, comte de Richmond, fils d’un demi-frère d’Henri VI, est rattaché aux Lancastre par sa mère, Margaret Beaufort ; les Beaufort étant les descendants de Jean de Gand, une branche bâtarde et légitimée. Devenu chef de la maison de Lancastre, il a du fuir l’Angleterre lorsque Edouard IV est monté sur le trône. Il profite de l’impopularité de Richard II pour débarquer, il s’allie aux différents héritiers d’Edouard IV  et gagne rapidement. Devenu le roi Henri VII en 1485, il épouse Elisabeth d’York, fille d’Edouard IV et héritière de la maison d’York. Il met ainsi fin à la Guerre des Deux Roses et unit les Lancastre et les York dans la dynastie Tudor dont l’emblème est une rose blanche et rouge.

Pour résumer :
Plantagenêt : Edouard III, Richard II ; Lancastre : Henri IV, Henri V, Henri VI, Henri VII ;  York : Edouard IV, Edouard V, Richard III.