Monsieur Zéro

Il y a longtemps que je n’avais lu un roman de Jim Thompson, un des grands écrivains américains. Son oeuvre est souvent mise dans la catégorie « Polar », il s’agit juste de romans noirs, qui raconte des ratés, des désespoirs et dresse un portait en creux de la société américaine. C’est beaucoup mieux que du polar traditionnel !

Monsieur Zéro prend la forme d’une confession faits par Clinton Brown, journaliste au Courier de Pacific City, réfugié dans l’alcool et les sarcasmes après une blessure de guerre. Personnage assez odieux et cynique, il poursuit de sa vindicte son chef, qui est aussi l’officier qui responsable de sa blessure.

Brown tue son ex-femme car il croit qu’elle va révéler la nature de son amputation, puis oriente son pote le shérif Stumkey vers d’autres pistes. Il tue deux autres femmes pour garder son secret et brouiller les pistes de son premier crime. En même temps, il se sert de ces affaires pour dénoncer la corruption de la police et les collusions avec les malfrats, dont on découvre qu’ils ne sont que les intermédiaires des gros bonnets de la ville.

En fait, le coupable du premier crime est un de ses collègues journalistes ; les autres décès ne sont même pas dus à Brown, bien qu’il ait tenté de tuer ces femmes. En  définitive, c’est lui qui se fait manipuler par le shérif.

Ce roman plutôt mineur reprend les thèmes du roman noir, il n’est pas à la hauteur de 1275 âmes écrit par le même auteur et magnifiquement adapté par Tavernier dans Le coup de torchon.

Jim Thompson – Monsieur Zéro, traduit par Jacques Hall – Folio 2007