Cordoue des Omeyyades

Cordoue des Omeyyades- Munos MolinaCe livre consacré à Cordoue pourrait n’être qu’une étude historique étayée par une solide documentation mais la page de titre de ce livre indique « Roman ». C’est bien avec une approche très personnelle que l’auteur nous raconte l’histoire de Cordoue et de cette dynastie, sans se focaliser sur les rois, en mettant en valeur les personnages de l’époque ou en faisant vivre la ville elle-même.

Tout commence en 711 avec l’invasion de l’Espagne menée par le berbère Tarik ibn Ziyad, les arabes gagnent facilement sur le roi Wisigoth Roderic et s’implantent pour quelques siècles.
Les Omeyyades sont renversés et exterminés par les Abbassides en 750. Un des princes, Abd el-Rahman, réussit à s’échapper et après un longue route arrive à Cordoue où il prend le pouvoir en 756 et crée l’émirat omeyyade d’Al-Andalus. On le surnomme al-Dakhil, l’Immigré et c’est sous son règne que la Mosquée sera créée.

Muñoz Molina offre un récit chronologique mais ne s’attarde pas uniquement sur les émirs. C’est en s’appuyant sur les vies du poète Ziryab-el-Bagdadi et du chrétien Euloge de Cordoue qu’il évoque le règne d’Abl-el-Rahman II, roi qui a donné sa puissance à l’Etat omeyyade. Un autre souverain marque aussi cette épopée : Abd-el-Rahman III, al-Nasir, le Vainqueur. Là encore c’est au travers du médecin juif Hasday ibn Shaprut que l’on évoque le formidable règne de ce monarque, constructeur de Madinat al Zahra, une ville nouvelle à coté de Cordoue remplie de palais des Mille et Une Nuits. Ce roi puissant prendra le titre de Calife en 929.

C’est sous le règne de son petit-fils, calife enfant, que le pouvoir est usurpé par Muhammad ibn Abi Amir. Ce lettré est arrivé au pouvoir à force d’alliances et de manœuvres politiques. Il se révèle chef militaire valeureux et glorieux, ce qui lui vaut le surnom d’Al Mansur, le Victorieux. Al Mansur meurt en 1002, les années suivantes sont des guerres entre amirides et omeyyades pour le pouvoir et, en l’espace de 30 ans le royaume de Cordoue s’écroule sur lui-même.

Antonio Muñoz Molina – Cordoue des Omeyyades, traduit par Philippe Bataillon – Seuil 2012