L’étoffe du Diable

Pastoureau - Etoffe du diableOn étudie et on analyse tout, alors pourquoi pas les rayures ? ce motif fait partie de notre environnement quotidien, il est même objet d’art, mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Le Moyen-Age accordait une place symbolique très importante aux couleurs et aux textures, on pouvait avoir un habit bicolore, en parties, mais il était mal venu d’être habillé de rayures surtout horizontales car c’était les parias qui en étaient vêtus. Jongleurs, prostituées, juifs, tous ceux qui était à l’écart de la bonne société. Un être maléfique ou un traître sera habillé de rayures, au moins une pièce de vêtement, dans la peinture.
La rayure a longtemps gardé ce côté négatif et est devenu l’attribut des serviteurs, ce qui se perpétue encore dans le gilet rayé des maîtres d’hôtel. La rayure horizontale perdure comme signe négatif dans les costumes de prisonniers et de bagnards, jusque dans les camps nazis.
C’est aussi vers les XIe et XIIe siècles que l’héraldique se formalisait et attribuait une rayures, une barre, aux bâtards.

Son usage s’est développé et a perdu sa connotation négative avec le le XVIIIe et surtout la période révolutionnaire qui en a mis partout, à commencer par la cocarde et le drapeau. Toutefois, il s’agit plutôt de rayures verticales alors que la médiévale était horizontale.

Au XIXe, la rayure est toutefois devenue un élément associé à l’hygiène, maillot de bain, sous-vêtements, c’est peut-être pour atténuer le côté salissant de l’uni…

Ce petit livre est intéressant mais je trouve que le propos est plus survolé que traité. J’aurais aimé avoir un peu plus d’exemples et de détails, entrer un peu plus dans le contexte pour mieux comprendre des contradictions apparentes. Certes, un livre de poche d’un grosse centaine de pages ne peut pas tout aborder, le faible nombre d’illustrations est ce qui pénalise le plus ce livre qui parle de l’image.

Michel Pastoureau – L’étoffe du Diable – Points Seuil 2007