L’écume des jours

Comme toute le monde j’ai lu Vian adolescent, enfin un peu de Vian…  J’ai relu récemment « J’irai cracher sur vos tombes » et j’ai bien aimé cette histoire de vengeance assez sordide sur fond de racisme, un beau roman noir bien qu’un peu daté. De « L’écume des jours » je me rappelais un histoire abracadabrante avec des anguilles dans les robinets et un nénuphar dans la poitrine, la relecture est bienvenue.

Colin est un jeune homme riche qui rencontre Chloé et se marie avec elle ; son ami Chick rencontre Alise mais il est absorbé par sa dévotion au philosophe Jean-Sol Parte. Le bonheur de Colin et Chloé est de peu de durée car elle tombe malade, avec un nénuphar qui lui pousse dans le poumon. Il faut des fleurs et des soins coûteux, Colin se ruine et Chloé meurt d’une rechute. Pendant ce temps, Chick dépense le peu d’argent qu’il gagne à collectionner des livres de Parte, de ce fait refuse d’épouser Alise qui se venge en tuant Parte et les  libraires qui ont profité de Chick.

Evidemment raconté comme cela,  il n’y a pas la poésie, la fantaisie qui fait le charme de cette oeuvre. Tout au long du roman, il y a des inventions, des objets ou des situations improbables, comme l’appartement qui se dégrade en même temps que la santé de Chloé. Une trouvaille chasse l’autre mais cette inventivité permanente a aussi un côté lassant, on dirait une écriture sous LSD. Cette hallucination continue et le côté assez daté des personnages font que j’ai régulièrement lâché le livre pour faire une pause.

Boris Vian – L’écume des jours – La Pochothèque